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Course landaise

Écarteur : le métier de l'écart en course landaise

Publié le 29 septembre 2026

L’écarteur est l’acteur central de la course landaise. Seul au milieu de la piste, il attend la charge d’une vache et pivote au dernier moment pour la laisser passer au plus près de ses reins. Il porte un pantalon blanc et un boléro brodé de paillettes. Les meilleurs de la saison se disputent chaque automne le titre de champion de France.

Que fait un écarteur pendant une course ?

Il provoque la charge, puis l’esquive sans reculer. La Fédération française de la course landaise (FFCL) décrit l’écarteur placé au centre de l’arène : quand la vache arrive, il tourne au dernier instant et fait passer la tête de la bête au niveau de sa taille. Tout le mérite tient à ce dernier instant : plus la corne passe près, plus l’écart est applaudi.

L’écarteur ne travaille jamais seul. La cuadrilla l’entoure : un entraîneur place la vache pour qu’elle charge dans le bon axe, le cordier la tient par une longue corde fixée aux cornes, et le second se tient derrière l’écarteur. Après la figure, ce second attire la vache avec un mouchoir pour dégager son partenaire. Le cordier compte beaucoup dans la réussite : un coup de corde bien placé fait passer les cornes au plus près sans toucher l’homme.

Le sauteur partage la piste mais pas le même geste. Lui passe par-dessus la vache lancée. Les deux spécialités ont chacune leur championnat.

Comment s’habille un écarteur ?

L’écarteur se reconnaît de loin. La FFCL décrit un pantalon blanc et un boléro coloré, brodé de paillettes d’or ou d’argent. La fiche d’inventaire du ministère de la Culture ajoute que la confection de cette veste demande près d’un mois de travail et qu’elle protège aussi des coups de corne.

Les autres membres de l’équipe sont tout en blanc, d’où leur surnom d’« hommes en blanc ». Cette différence de tenue suffit au public pour savoir qui va faire l’écart.

Quels écarts un écarteur doit-il maîtriser ?

L’écart extérieur est la base : l’écarteur tourne du côté opposé à la corde, protégé par le cordier. L’écart intérieur se fait côté corde, sans cette protection, et vaut davantage. La feinte trompe la vache d’une jambe avant de tourner de l’autre côté. Il existe aussi l’écart sur le mouchoir, les deux pieds posés sur un mouchoir pour prouver qu’on n’a pas reculé.

Nous décrivons toutes ces figures, et la façon dont les juges les notent, dans l’article sur les règles de la course landaise. Retenons ici que certaines portent le nom d’un écarteur. La monacoline, écart attendu un genou à terre, vient de Robert Boisvert, dit « Monaco ».

Qu’est-ce que l’escalot ?

C’est le classement officiel des écarteurs et des sauteurs. Le mot vient du gascon escalòt, « petite échelle », d’après Wikipédia. Il court de mars à septembre et additionne les notes obtenues dans les courses inscrites au calendrier de compétition, comme le Challenge de l’Armagnac ou le Challenge Landes Béarn.

La FFCL, qui organise ces compétitions, est présentée dans notre article sur la Fédération française de la course landaise.

Comment devient-on champion de France des écarteurs ?

En finissant dans les six premiers de l’escalot. Wikipédia décrit la finale d’octobre : les six meilleurs écarteurs et les quatre meilleurs sauteurs de la saison affrontent les douze vaches jugées les meilleures du moment. La finale tourne entre quatre arènes : Dax, Nogaro, le Plumaçon de Mont-de-Marsan et Aire-sur-l’Adour.

Le championnat existe depuis 1956. Le premier titre revient à Robert Goeytes, dit « Maxime », qui gagne aussi en 1957. Son fils Didier Goeytes sera sacré à son tour en 1989, 1990 et 1999.

Qui sont les écarteurs les plus titrés ?

Le palmarès publié par Wikipédia, recoupé avec celui du site Patrimoine course landaise, fait ressortir quelques noms :

ÉcarteurTitres de champion de FranceAnnées
Guillaume Vis (Ramunchito)10De 1965 à 1977
Christophe Dussau8De 1991 à 2003
Loïc Lapoudge42007 et 2008 puis 2016 et 2017
Mathieu Noguès42010 et 2011 puis 2013 et 2014
Jean-Pierre Guillé (Rachou II)31986, 1987 et 1988
Thierry Bergamo31992, 1993 et 1995
Benjamin de Rovere32004, 2005 et 2006

Guillaume Vis a dominé la fin des années 1960 et les années 1970. Deux autres Vis figurent au palmarès : Christian (Ramuncho), titré en 1963 et 1973, et Michel (Michel I), titré en 1958 et 1959. La course landaise se transmet souvent ainsi : Mathieu Noguès est le fils d’Alain Noguès, champion en 1983.

Parmi les plus récents, Cyril Dunouau a gagné en 2019 et 2022, Jérôme Costarramone en 2023 et 2024, puis Jean Ducassou en 2025. Le championnat n’a pas eu lieu en 2020 et 2021.

Où voir des écarteurs en action ?

Dans les arènes des Landes, du Gers et des départements voisins, de mars à octobre. Les ferias du Sud-Ouest en programment aussi. Les arènes Henri-Canelas de Soustons accueillent une course landaise nocturne pendant les fêtes d’août. En 2026, les fêtes d’Hagetmau se terminaient par un concours landais aux arènes. Le Plumaçon, arène des fêtes de la Madeleine à Mont-de-Marsan, fait partie des quatre arènes qui accueillent tour à tour la finale du championnat. Une course dure environ deux heures, selon la fiche du ministère, avec dix vaches qui sortent l’une après l’autre.

Sources

  • courselandaise.fr
  • culture.gouv.fr
  • fr.wikipedia.org
  • patrimoinecourselandaise.org