mes ferias
Course landaise

Course landaise : règles, écarts, sauts et vaches

Publié le 29 septembre 2026

La course landaise est un jeu d’esquive entre des hommes et des vaches, pratiqué dans les arènes des Landes, du Gers et des départements voisins. L’écarteur évite la charge par un pivot du corps, le sauteur passe par-dessus la bête. La vache n’est pas mise à mort : à la fin de la course, elle remonte dans son camion et rentre à l’élevage.

Comment se déroule une course landaise ?

D’après la fiche d’inventaire du patrimoine culturel immatériel publiée par le ministère de la Culture, une course dure environ deux heures. Elle oppose dix vaches à une équipe d’une dizaine de personnes. Chaque vache sort à son tour de sa loge. Les hommes réalisent devant elle leurs écarts et leurs sauts, puis elle rentre et la suivante sort.

La musique fait partie du spectacle. Une harmonie ou une banda joue pendant toute la course. La fiche du ministère rappelle que « Paquito Chocolatero » ou « L’Encantada » ont d’abord conquis les arènes landaises avant les ferias. Un animateur, le débisaïre, commente en direct et annonce les brindis : un écart ou un saut dédié à un spectateur.

La saison officielle court de mars à octobre. Environ 500 courses sont organisées chaque année par quelque 250 clubs taurins et comités des fêtes, selon la même fiche.

Qui compose une cuadrilla ?

La cuadrilla est l’équipe attachée à une ganaderia (l’élevage). Elle compte en général un teneur de corde, deux entraîneurs, deux sauteurs et au moins cinq écarteurs. Un écarteur expérimenté la dirige : c’est le chef de cuadrilla.

RôleCe qu’il fait
ÉcarteurAttend la charge au centre et pivote au dernier moment
SauteurSaute par-dessus la vache lancée
CordierTient la corde fixée aux cornes et corrige la trajectoire de la tête
EntraîneurRamène la vache au bout de piste et la place dans l’axe
SecondSe tient derrière l’écarteur et attire la vache après la figure

L’écarteur porte un pantalon blanc et un boléro brodé. Sa confection demande près d’un mois de travail, et la fiche du ministère précise qu’il protège aussi des coups de corne. Les autres acteurs sont vêtus de blanc : on les appelle les « hommes en blanc ».

Le cordier est le poste le plus délicat. Il suit la course de la vache et donne un coup de corde au bon moment pour que la tête passe au plus près de l’écarteur sans le toucher. Quand il rate, c’est la tumade : l’écarteur est renversé. Des tampons couvrent la pointe des cornes pour limiter les blessures.

Quels sont les différents écarts ?

L’écart est la figure la plus ancienne. L’écarteur attend la vache face à elle, puis pivote pour la laisser passer « au creux des reins », selon la formule de la Fédération française de la course landaise (FFCL). Il existe plusieurs variantes :

  • L’écart extérieur, le plus courant : l’écarteur tourne du côté opposé à la corde, protégé par le cordier.
  • L’écart intérieur : il tourne du côté de la corde, sans protection. Plus risqué, il est mieux noté en compétition.
  • La feinte : l’écarteur lance sa jambe d’un côté pour tromper la vache, puis tourne de l’autre.
  • L’écart sur le saut : il fait un saut d’appel, retombe devant les cornes et pivote.
  • L’écart sur le mouchoir : les deux pieds posés sur son mouchoir, il prouve qu’il n’a pas reculé.
  • L’écart corde à terre : il demande au cordier de ne pas intervenir.

Deux figures portent le nom de leur inventeur. Guillaume Vis, dit « Ramuntchito », a ajouté un tourniquet avant la feinte. Robert Boisvert, dit « Monaco », a créé la monacoline, où l’écarteur attend la vache un genou à terre.

Quels sauts sont admis en compétition ?

Les sauteurs ont longtemps servi d’intermède. Ils sont aujourd’hui jugés comme les écarteurs. La fiche du ministère liste les sauts de compétition :

  • Le saut de l’ange : corps déployé au-dessus des cornes, bras tendus, réception en roulade.
  • Le saut pieds joints : les pieds dans un béret, les jambes liées par une cravate au-dessus des genoux.
  • Le saut périlleux : une rotation complète dans l’axe de la vache.
  • Le saut périlleux vrillé : le même avec une demi-vrille, pour retomber face à la bête.

Le saut à la course, le plus ancien, se voit encore mais il est absent des concours. La rondade est apparue en 2004 au festival Art et Courage de Pomarez. Le portrait de ces athlètes est dans notre article sur le sauteur de course landaise.

Comment les juges notent-ils une course ?

Toutes les courses ne sont pas jugées. Les courses mixtes ou « de plage » se font sans jury et sont suivies de jeux d’arènes avec les vaches (cocarde, anneaux). Les courses de challenge, elles, sont notées. Le jury siège à la pitrangle, une tribune placée dans l’axe de la piste.

Il se compose de deux jurés, d’un délégué comptable et d’un délégué sportif de la FFCL. Les jurés notent chaque figure et donnent aussi une note à chaque vache. Trois critères comptent pour un écart : l’attente, la perte de terrain et la proximité. Le cumul des résultats forme un classement annuel, l’escalot.

En fin de saison, le Championnat de France réunit les six premiers écarteurs et les quatre premiers sauteurs de l’escalot. Il se tient en octobre, alternativement à Dax et à Nogaro. Les grands concours se tiennent dans six villes landaises et gersoises. Aire-sur-l’Adour et Saint-Sever en font partie. Nogaro et Mont-de-Marsan aussi, comme Hagetmau et Dax. Le rôle de la fédération est détaillé dans la Fédération française de la course landaise.

D’où viennent les vaches de course ?

La fiche du ministère compte environ 1 500 vaches landaises réparties dans une douzaine d’élevages. Elles vivent en semi-liberté et gardent un comportement sauvage. Une coursière débute vers trois ans et peut courir une dizaine d’années. Chacune a un nom, et les meilleures deviennent célèbres. Chaque 14 juillet à Nogaro, le public élit la Corne d’or, meilleure vache de l’année. Plus de détails dans la vache landaise.

Où voir une course landaise ?

Les courses accompagnent les fêtes de village et les ferias landaises. La Feria de Dax programme par exemple un Grand Concours landais le premier jour dans ses arènes : voyez la fiche de la Feria de Dax. Hagetmau figure aussi parmi les villes de concours citées par le ministère. Pour une liste par date, consultez le calendrier de la course landaise.

Sources

  • culture.gouv.fr
  • courselandaise.fr