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El Cordobés : le torero phénomène des années 60

Publié le 29 septembre 2026

El Cordobés est le nom de torero de Manuel Benítez Pérez, né le 4 mai 1936 à Palma del Río, dans la province de Cordoue. Matador en 1963, il domine les années 60 avec un style acrobatique et théâtral qui divise les puristes. Le même surnom est porté par son fils Manuel Díaz, né en 1968, ce qui explique bien des confusions.

Qui est Manuel Benítez, le premier El Cordobés ?

Un fils de la campagne cordouane, arrivé tard et vite au sommet. L’encyclopédie espagnole situe ses débuts de novillero le 27 août 1960. Trois ans plus tard, il prend l’alternative, la cérémonie qui fait d’un novillero un matador.

Son parcours a nourri un livre célèbre. Les journalistes Larry Collins et Dominique Lapierre lui consacrent une biographie, parue en anglais en 1968 sous le titre « Or I’ll Dress You in Mourning ». Sa vie a aussi inspiré la comédie musicale « Matador » en 1987, d’après la version anglaise de Wikipédia.

Quelles sont les dates clés de sa carrière ?

DateÉvénement
4 mai 1936Naissance à Palma del Río (Cordoue)
27 août 1960Débuts comme novillero
25 mai 1963Alternative à Cordoue, parrain Antonio Bienvenida
20 mai 1964Confirmation d’alternative à Las Ventas (Madrid) ; grave blessure le jour même
1965 / 1967 / 1970 / 1971Premier de l’escalafón (classement des toreros au nombre de corridas)
1971Première retraite
1979Retour dans les arènes
2000Retraite définitive après des réapparitions en 1995 et 1996
2002Proclamé cinquième « Calife du toreo »

La journée madrilène de 1964 résume le personnage. Le 20 mai, il confirme son alternative à Las Ventas et subit une cornada qui aurait pu le tuer. Vingt-deux jours plus tard, il toréait de nouveau. Pour situer cette arène, notre article sur Las Ventas à Madrid en retrace l’histoire.

Pourquoi parle-t-on d’un torero phénomène ?

Parce qu’il a rompu avec le toreo classique et rempli les arènes. La version anglaise de Wikipédia décrit un style « non orthodoxe, acrobatique et théâtral ». Une de ses figures consistait à se placer dos au taureau et à le faire dévier d’un mouvement de jambe pour poser les banderilles par derrière la corne.

Le succès se lit aussi dans les chiffres de l’escalafón. Il en prend la tête quatre saisons, selon l’encyclopédie espagnole. Lors de sa première retraite en 1971, il est présenté comme le matador le mieux payé de l’histoire. L’Espagne lui décerne la médaille d’or du Mérite touristique en 1967.

Sa popularité a dépassé le monde taurin. À Barcelone, le tablao flamenco Cordobés a pris son nom à son ouverture en 1970. Le titre de « Calife du toreo », reçu en 2002, le place dans la lignée des grands toreros cordouans comme Manolete.

Qui est Manuel Díaz, le second El Cordobés ?

Manuel Díaz González est né le 30 juin 1968 à Arganda del Rey, près de Madrid. Il est le fils de Manuel Benítez et de María Dolores Díaz González, né hors mariage. Il débute comme novillero le 7 avril 1985 à Cordoue.

Il prend l’alternative le 11 avril 1993 à la Maestranza de Séville, avec Curro Romero pour parrain. Il termine premier de l’escalafón en 1998 et en 2007. Sa carrière dure trente ans. Le 15 octobre 2023, à Jaén, il fait ses adieux et c’est son père qui lui coupe la coleta, la petite natte symbole du torero en activité.

La relation entre les deux hommes a longtemps été judiciaire. En mai 2016, un tribunal confirme le lien biologique entre eux. La réconciliation publique n’intervient qu’en octobre 2023, quelques jours avant cette dernière corrida. Manuel Díaz est aussi connu du public espagnol par la télévision, de MasterChef Celebrity à des émissions de danse.

Comment ne pas confondre les deux El Cordobés ?

Trois repères suffisent : la génération, la ville de l’alternative et le parrain.

Manuel BenítezManuel Díaz
Naissance1936 à Palma del Río1968 à Arganda del Rey
Alternative1963 à Cordoue1993 à Séville
ParrainAntonio BienvenidaCurro Romero
Années en tête de l’escalafón1965 / 1967 / 1970 / 19711998 / 2007
Fin de carrière20002023

Un troisième torero a porté le même surnom : Julio Benítez, né en 1985, autre fils de Manuel Benítez. La page d’homonymie de Wikipédia en français recense ainsi trois El Cordobés. Quand un article parle des années 60, de la biographie de Collins et Lapierre ou du « phénomène », il s’agit du père. Quand il parle d’une corrida récente ou d’une émission de télévision, il s’agit presque toujours de Manuel Díaz.

Le chapeau cordobés a-t-il un lien avec le torero ?

Non, pas directement. Le sombrero cordobés est un chapeau de feutre andalou à bord plat, nommé d’après la ville de Cordoue. Il existait bien avant la carrière de Manuel Benítez. Le point commun est l’origine géographique : le torero comme le chapeau tirent leur nom de la province. Notre article sur le chapeau cordobés en raconte l’histoire.

Questions fréquentes

El Cordobés est-il toujours vivant ?

Oui. Manuel Benítez a eu 90 ans le 4 mai 2026. Manuel Díaz, son fils, a pris sa retraite en 2023.

Qu’est-ce que le titre de Calife du toreo ?

C’est un titre honorifique donné aux grands toreros de Cordoue. Manuel Benítez l’a reçu en 2002 et en est le cinquième titulaire, selon l’encyclopédie espagnole. Pour les termes du métier, voyez notre lexique des ferias.

Sources

  • es.wikipedia.org
  • en.wikipedia.org
  • fr.wikipedia.org