Le picador est le torero à cheval qui intervient au premier tiers de la corrida, le tercio de piques. Armé d’une longue pique à pointe d’acier, il reçoit la charge du taureau sur son cheval protégé et pique l’animal en haut du cou, sur le morrillo. En France, le règlement taurin de l’Union des villes taurines françaises (UVTF) prévoit au moins deux piques par taureau, adaptées à chaque cas.
Que fait le picador pendant la corrida ?
Il mesure la bravoure du taureau et le prépare pour la suite du combat. D’après l’encyclopédie Wikipédia, la pique sert à tester la bravoure de l’animal et à l’affaiblir. Le public observe comment le taureau charge le cheval : s’il y revient avec franchise, s’il pousse avec les reins ou s’il fuit après avoir senti le fer.
Chaque cuadrilla, l’équipe d’un matador, compte deux picadors qui interviennent à tour de rôle. Le matador dirige la suerte, c’est-à-dire l’exécution de la pique. Il décide du placement du taureau face au cheval avec l’aide de ses peones, les toreros à pied de l’équipe.
Pour replacer la pique dans le déroulement complet, notre article sur le déroulement d’une corrida présente les trois tiers dans l’ordre.
Comment se déroule le tercio de piques ?
Le règlement taurin municipal de l’UVTF, texte de 1972 appliqué dans les arènes françaises membres, décrit la suerte en détail dans son article 73. Voici ses principaux points.
- Le picador en action se place à l’opposé du toril, la porte d’où sort le taureau. L’autre picador attend dans la partie opposée de la piste.
- Il cite le taureau sur sa droite sans dépasser le cercle tracé le plus près de la barrière.
- Le taureau est placé sans franchir le cercle le plus éloigné. Aucun torero ne peut se tenir à droite du cheval.
- La pique se donne par la droite, en haut du morrillo. Le picador ne doit ni vriller la pique ni fermer la sortie au taureau, ni tourner autour de lui.
- Si le taureau quitte le cheval, il est interdit de le piquer de nouveau immédiatement. Les toreros l’écartent puis le replacent.
Ces deux cercles sont tracés le matin de la course. Le premier se trouve à 7 mètres du marchepied de la barrière, le second à 10 mètres, selon l’article 64 du même règlement. Plus le taureau part de loin, plus sa charge montre sa bravoure : c’est pourquoi les aficionados apprécient qu’on le place au-delà du second cercle.
Combien de piques reçoit le taureau ?
Le règlement UVTF prévoit un châtiment « pas inférieur à deux piques », adapté à chaque cas. Le matador peut demander le changement de tercio. Le président décide, et il peut aussi ordonner lui-même le passage aux banderilles quand il juge le taureau assez piqué. Dès ce signal, les picadors doivent cesser de piquer. Ils gardent le droit de protéger leur cheval jusqu’à ce que les toreros éloignent le taureau.
Deux cas particuliers existent :
- Le taureau qui refuse le cheval. S’il ne charge pas après trois tentatives au-delà du second cercle, on le place sans tenir compte de cette limite.
- Le taureau couard. Quand il ne peut pas être piqué normalement, le matador peut demander au président la pose de banderilles noires. On les appelle aussi banderilles de châtiment (article 76).
La pique conditionne aussi les récompenses. D’après l’article 73, aucun taureau ne peut recevoir de tour de piste après sa mort, ni être gracié, s’il n’a pas montré assez de bravoure à la pique.
Pourquoi le cheval du picador porte-t-il un caparaçon ?
Pour le protéger des cornes. Wikipédia date de 1928 l’obligation du caparaçon, en Espagne. Avant cette date, les chevaux de picador mouraient en grand nombre dans l’arène. Le caparaçon a fortement réduit ces pertes.
| Élément | Ce que dit la source |
|---|---|
| Poids du cheval | Entre 500 et 650 kg, net et sans harnachement (règlement UVTF, art. 60) |
| Chevaux présentés | Au moins quatre, le matin de la course (art. 60) |
| Caparaçon | Normes du règlement espagnol (art. 61), environ 30 kg selon Wikipédia |
| Yeux du cheval | Bandés (Wikipédia) |
| Longueur de la pique | Environ 2,60 m (Wikipédia) |
Chaque picador choisit sa monture parmi celles approuvées par les vétérinaires, par ordre d’ancienneté. Si un cheval est blessé, il peut en changer.
Qu’est-ce que la pique et comment est-elle contrôlée ?
La pique est une hampe de bois terminée par une pointe d’acier pyramidale à trois arêtes, la puya. Ses dimensions suivent le règlement espagnol des spectacles taurins, auquel renvoie le texte de l’UVTF.
Le contrôle est strict. Selon l’article 62, l’organisateur présente les piques dans une boîte scellée, ouverte par un délégué de la commission taurine. Chaque pique ne sert qu’à une seule course et porte le sceau des associations de matadors, de picadors et d’éleveurs. Après l’examen, le délégué garde piques et caparaçons en lieu sûr et ne les rend que peu avant la corrida.
Le picador porte lui aussi un équipement propre : une jambière métallique articulée sur la jambe droite, la mona, des bottes renforcées et un chapeau de feutre à large bord, le castoreño.
Pourquoi le public siffle-t-il ou applaudit-il le picador ?
Parce que la pique se juge. Le public siffle quand le picador enfreint les règles vues plus haut : il pique trop longtemps, vrille la pique, ferme la sortie au taureau ou pique ailleurs qu’en haut du morrillo. Ces fautes affaiblissent l’animal au-delà du nécessaire et gâchent la suite du combat. Le règlement prévoit d’ailleurs un avertissement du président et des sanctions.
À l’inverse, le public applaudit une pique donnée d’un seul geste en haut du morrillo, sur un taureau qui charge de loin.
Le picador a-t-il toujours eu ce rôle secondaire ?
Non. Selon Wikipédia, le cavalier était la figure principale de la corrida aux XVIe et XVIIe siècles. Au XVIIIe siècle, le torero à pied prend le dessus, et le picador devient un auxiliaire du matador vers le milieu du XIXe siècle.
On voit des picadors lors des corridas et des novilladas piquées, par exemple aux arènes de Nîmes à la Pentecôte, de Dax en août ou de Béziers. Les novilladas sans picadors, courantes le matin des ferias, se déroulent sans ce premier tiers.
Questions fréquentes
Quelle différence entre picador et rejoneador ?
Le picador est un auxiliaire à cheval du matador, qui pique le taureau au premier tiers. Le rejoneador combat à cheval pendant toute la course et met lui-même le taureau à mort.
Le picador tue-t-il le taureau ?
Non. La mise à mort revient au matador, au dernier tiers. Le picador intervient uniquement pendant le tercio de piques.