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Tauromachie

Corrida portugaise : forcados et taureau non tué

Publié le 29 septembre 2026

La corrida portugaise, ou tourada, se déroule en deux temps. Le cavalier (cavaleiro) pose d’abord des banderilles depuis son cheval. Un groupe de huit hommes à pied, les forcados, maîtrise ensuite le taureau à mains nues. Le taureau n’est pas tué devant le public. Une loi portugaise de 1928 interdit la mise à mort en piste, avec des exceptions locales accordées depuis.

Comment se déroule une corrida portugaise ?

Le site portugais Touradas.pt, consacré à la tauromachie, détaille le déroulement. Une tourada compte en général six taureaux. Chacun suit le même schéma, après une ouverture commune.

Avant le spectacle, les taureaux sont débarqués, examinés par un vétérinaire, répartis en lots puis tirés au sort. Leurs cornes sont protégées : c’est l’embolação, un fourreau de cuir posé sur les pointes des taureaux affrontés à cheval.

Le spectacle s’ouvre par les cortesias. Tous les participants défilent en deux groupes au son de la fanfare et saluent la présidence. Vient ensuite la lidia de chaque taureau, en deux phases.

PhaseQuiCe qui se passe
Travail à chevalle cavaleiropose de banderilles longues puis courtes
Pegales forcadosle taureau est arrêté à mains nues
Sortiecampinos et cabrestosle taureau est ramené aux enclos

Le directeur de course récompense ensuite le cavalier. Selon Touradas.pt, il peut accorder la musique ou un tour de piste selon la qualité de la prestation.

Que fait le cavaleiro ?

Le cavaleiro monte un cheval lusitanien spécialement dressé. Il porte un costume inspiré du XVIIIe siècle, selon Wikipédia. Son travail consiste à placer des banderilles sur le dos du taureau, sans jamais descendre de cheval.

Touradas.pt distingue trois types de pose :

  • les banderilles longues (compridas), une à trois, au début du travail ;
  • les banderilles courtes (curtas), jusqu’à quatre, qui forment la partie la plus technique ;
  • parfois des banderilles de palmo, très courtes, pour conclure.

La maîtrise du cheval compte autant que la pose. Le cavalier doit amener le taureau à charger, puis l’éviter au dernier moment. Notre article sur le cheval lusitanien présente cette race, très utilisée dans la tauromachie à cheval.

Qui sont les forcados ?

Les forcados forment un groupe de huit hommes. Ils affrontent le taureau à pied, sans arme ni protection, après le travail du cavalier. Ce moment s’appelle la pega.

La forme la plus fréquente est la pega de caras, « prise de face ». Le forcado de tête cite le taureau et l’attend de face. Au moment du choc, il se jette entre les cornes et s’y accroche. Ses compagnons arrivent derrière lui pour l’aider à immobiliser l’animal.

Il existe une variante, la pega de cernelha. Selon Touradas.pt, elle ne mobilise que deux forcados, qui saisissent le taureau par le garrot. Elle est moins fréquente que la pega de caras.

Wikipédia précise que les cornes des taureaux sont protégées depuis le XVIIIe siècle. La mesure aurait suivi un accident mortel dont fut victime l’héritier du marquis de Marialva, figure de l’équitation portugaise.

Pourquoi le taureau n’est-il pas tué dans l’arène ?

Parce que la loi l’interdit. Selon Wikipédia, le Portugal a voté en 1928 une loi interdisant de tuer le taureau pendant le spectacle. Deux communes ont obtenu une exception : Barrancos en 2002, puis Reguengos de Monsaraz en 2014.

Après la pega, le taureau n’est donc pas estoqué. Des bœufs dressés, les cabrestos, entrent en piste et le ramènent aux enclos, guidés par des campinos. Sa sortie de l’arène ne signifie pas qu’il est épargné. Wikipédia indique que le taureau est ensuite soit abattu par des professionnels, soit soigné et renvoyé au pré pour la reproduction.

Ce point sépare la tourada de la corrida espagnole, où l’estocade fait partie du spectacle. Notre article sur l’estocade et la mise à mort décrit l’autre modèle.

Quelle différence avec la corrida à cheval espagnole ?

L’Espagne a aussi sa tauromachie à cheval, le rejoneo. Le principe du cavalier qui pose des banderilles depuis sa monture est proche. La différence tient à la fin. En Espagne, la corrida de rejones se termine par la mise à mort du taureau. Au Portugal, ce sont les forcados qui concluent, et le taureau quitte la piste vivant.

Les forcados viennent de la tradition portugaise. Leur pega ne fait pas partie du déroulement d’une corrida espagnole. Notre article sur la corrida à cheval, ou rejón détaille le modèle espagnol.

Où voir une corrida portugaise ?

Au Portugal, Lisbonne possède les arènes du Campo Pequeno, présentées dans notre article sur le Campo Pequeno.

En France, des arènes en programment parfois pendant leurs ferias. Pendant Toros y Salsa à Dax, le samedi 12 septembre 2026, les arènes programmaient une corrida portugaise à 11 h, selon le site Vuelta a los toros. Le festival se tient chaque année en septembre, après la Feria de Dax d’août. Notre article sur les arènes de Dax présente les deux rendez-vous. Les dates de 2027 n’étaient pas encore publiées fin septembre 2026.

Questions fréquentes

La corrida portugaise est-elle sans violence pour le taureau ?

Non. Les banderilles sont plantées dans le dos du taureau pendant le travail à cheval, comme en corrida espagnole. La différence porte sur la mise à mort, qui n’a pas lieu devant le public.

Combien y a-t-il de forcados ?

Huit pour une pega de caras, deux pour une pega de cernelha.

Sources

  • en.wikipedia.org
  • touradas.pt
  • vueltaalostoros.fr