L’estocade est le coup d’épée par lequel le matador met à mort le taureau, à la fin du dernier tiers de la corrida. Il vise une petite zone au garrot, la « cruz », après avoir fixé la tête de l’animal avec la muleta. Si le taureau ne tombe pas, le matador achève au descabello, et un puntillero intervient au besoin. En France, le règlement de l’UVTF encadre le temps accordé : premier avis à dix minutes, dernier à quinze.
Qu’est-ce que l’estocade, précisément ?
C’est l’acte final de la faena, la série de passes de muleta qui occupe le troisième tiers. Le matador change alors d’épée : il prend l’épée de mise à mort, l’estoque, se place face au taureau et « entre a matar ». L’article de Wikipédia insiste sur un point : la réussite dépend moins de l’endroit touché que de la manière. Il faut s’approcher de près, aller droit, et garder le contrôle de la tête du taureau avec la muleta.
La zone visée s’appelle la cruz, la « croix ». Elle se situe au garrot, entre la colonne vertébrale et l’omoplate droite. Pour revoir tout ce qui précède, du paseo aux banderilles, lisez le déroulement d’une corrida.
Quelles sont les façons de porter l’estocade ?
Trois techniques sont décrites, de la plus courante à la plus rare.
| Nom | Ce qui se passe | Remarque |
|---|---|---|
| Al volapié | Le matador s’élance vers le taureau arrêté | La plus fréquente, utile face à un taureau fatigué |
| Al encuentro | Le matador provoque la charge et va à la rencontre du taureau | Les deux se croisent à mi-chemin |
| A recibir | Le matador reste immobile et reçoit la charge | Réputée la plus difficile et la plus honorable |
Wikipédia cite le matador colombien César Rincón comme celui qui a remis le recibir à l’honneur dans les années 1990. Le volapié, lui, permet de tuer un taureau que la faena a épuisé et qui ne charge plus.
Que se passe-t-il quand l’épée ne rentre pas ?
On parle de pinchazo : la lame heurte un os et ne pénètre pas. Si le matador garde l’épée en main, le pinchazo ne lui coûte pas forcément les trophées, précise Wikipédia. Il recommence l’entrée.
L’épée peut aussi entrer à moitié (on parle de demi-estocade) ou mal placée, trop bas sur le flanc. Dans ce cas, le taureau reste debout et la suite dépend du règlement. L’article 81 du règlement taurin de l’UVTF interdit d’enfoncer une épée déjà plantée ou de blesser l’animal pour hâter sa mort. Le matador ne peut pas entrer de nouveau à matar tant qu’une épée reste en place.
À quoi servent le descabello et la puntilla ?
Le descabello intervient quand le taureau, touché, résiste encore. Le matador prend une épée spéciale, le verdugo (on dit aussi verduguillo), et la plante entre la base du crâne et le début de la colonne vertébrale. Le but est de rompre le bulbe rachidien. Depuis la révision de 2024, rapporte le site Tertulias, le règlement français exige qu’une première épée ait été enfoncée puis retirée avant tout descabello. L’article 81 posait déjà la règle de l’épée préalable.
La puntilla est un poignard. Le puntillero la plante au même endroit que le descabello, une fois le taureau à terre, pour l’achever.
Combien de temps le matador a-t-il pour tuer ?
Le chronomètre part à la première passe de muleta. L’article 82 du règlement UVTF fixe trois avis, annoncés par une sonnerie sur ordre du président :
- premier avis à 10 minutes, si le taureau n’est pas mort ;
- deuxième avis 3 minutes plus tard, soit à 13 minutes ;
- troisième et dernier avis 2 minutes après, soit à 15 minutes.
Après le troisième avis, le matador et sa cuadrilla se retirent à la barrière. Le taureau regagne les corrals, ou il est achevé en piste par le puntillero ou le matador suivant. Depuis 2024, le temps s’arrête aussi quand un matador est blessé pendant sa faena.
Un avis ne retire aucun trophée par lui-même. Mais le public le remarque, et une mise à mort qui traîne refroidit les demandes d’oreille.
Comment l’estocade influe-t-elle sur les trophées ?
Beaucoup. Selon l’article 83 du règlement UVTF, la première oreille est accordée sur pétition majoritaire du public, la seconde à la seule discrétion du président. Une faena brillante suivie de plusieurs pinchazos se termine souvent par une simple ovation. À l’inverse, une estocade entière et rapide peut faire sortir les mouchoirs. Le détail des récompenses est dans notre article sur les trophées de la corrida.
La mise à mort est-elle pratiquée en France ?
Oui, dans les villes où la corrida est légale au titre de la tradition locale ininterrompue. Les corridas de Nîmes, Dax ou Béziers se terminent par l’estocade, comme en Espagne. Le règlement de l’UVTF, adopté en conseil municipal par chaque ville membre, donne au maire le pouvoir de le faire appliquer. L’UVTF indique qu’il est mis à jour chaque année avec les acteurs du secteur.
Le cadre légal français est présenté dans notre article sur la loi et la corrida. Les dates des prochaines corridas se trouvent sur les fiches de la Feria de Pentecôte à Nîmes et de la Feria de Dax.