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Course camarguaise

Course camarguaise : règles, déroulement, vocabulaire

Publié le 29 septembre 2026

La course camarguaise est un jeu taurin sans mise à mort : des hommes en blanc, les raseteurs, doivent arracher avec un crochet des attributs fixés sur la tête d’un taureau de Camargue. Chaque taureau reste en piste un quart d’heure au maximum. À la fin de la course, il repart vers sa manade et reviendra dans l’arène une autre fois.

Quel est le but d’une course camarguaise ?

Le raseteur cherche à récupérer trois types d’attributs, dans un ordre fixé. D’abord la cocarde, un ruban rouge de 5 à 7 centimètres de long et d’un centimètre de large, attaché sur le front. Ensuite les deux glands, des pompons de laine blanche noués à la base de chaque corne. Les arènes de La Grande-Motte datent leur apparition des années 1920. Enfin les ficelles, enroulées autour des cornes : le nombre de tours dépend du classement du taureau.

Personne ne cherche à toucher l’animal. Le ministère des Sports présente la discipline comme un sport traditionnel où le partenaire du raseteur est le taureau. Celui qui décroche un attribut empoche la prime qui lui est attachée.

Comment se déroule une course, du défilé au dernier taureau ?

Tout commence par la capelado. Raseteurs et tourneurs entrent en piste et saluent le public et la présidence sur l’ouverture de Carmen, l’opéra de Bizet. Puis une trompette sonne l’« èr di biòu », l’air du taureau, et la porte du toril s’ouvre.

Le taureau entre avec ses attributs. Pendant quinze minutes au plus, les raseteurs se relaient pour tenter leur chance. Un raset réussi se termine souvent par un saut par-dessus la barrière, ou dans la contre-piste, quand le taureau suit l’homme jusqu’aux planches. Au signal de fin, le taureau quitte la piste avec ce qui lui reste sur la tête. Le suivant entre, et ainsi de suite jusqu’à la fin du programme.

Qui fait quoi en piste : raseteurs et tourneurs ?

Le raseteur est l’athlète. Il court en arc de cercle devant le taureau pour croiser sa trajectoire au plus près des cornes, crochet en main. Les arènes de La Grande-Motte décrivent des sportifs de haut niveau qui s’entraînent chaque jour.

Le tourneur prépare l’action. Il attire le taureau et le place dans l’axe voulu, en tenant compte du fait que son raseteur est droitier ou gaucher. Sans lui, le raset part de trop loin ou du mauvais côté.

Les deux portent une tenue blanche. Le nom du raseteur est inscrit en noir sur son maillot, celui du tourneur en rouge : c’est le moyen le plus simple de savoir qui est qui depuis les gradins. Pour le détail du métier, lisez notre article sur le raseteur de course camarguaise.

À quoi ressemble le crochet du raseteur ?

C’est un petit peigne de fer tenu dans la main. Il compte quatre branches de 8 centimètres, chacune munie de quatre dents recourbées vers l’intérieur et reliées par une poignée transversale. Sa forme sert à accrocher le ruban ou la ficelle sans blesser l’animal.

Comment fonctionnent les primes et les points ?

Chaque attribut porte une somme annoncée au micro. Pendant le quart d’heure, cette somme monte : des « mises » offertes par le public et annoncées au micro poussent les raseteurs à tenter leur chance. Un taureau qui garde longtemps sa cocarde voit donc sa prime grossir, et le raset qui finit par l’emporter rapporte davantage.

Les meilleures courses comptent aussi pour des classements de saison. Le Trophée des As, créé en 1952, désigne chaque année le meilleur raseteur et sa finale se dispute alternativement à Nîmes et à Arles. Le Biòu d’Or récompense de son côté le meilleur taureau de l’année. La Fédération française de la course camarguaise, fondée en 1975, tient le calendrier et délivre les licences : notre page sur la FFCC détaille son rôle.

Quel taureau court dans une course camarguaise ?

C’est le taureau de Camargue, la raço di biòu. Selon Wikipédia, les mâles pèsent de 250 à 400 kilos, avec des cornes relevées en forme de lyre. Il vit en manade, dans les marais du delta, et n’est pas le toro de combat espagnol des corridas. Les meilleurs, les cocardiers, ont leurs fidèles, et le nom de leur manade figure sur l’affiche au même titre que celui des raseteurs.

La course camarguaise est inscrite depuis 2008 à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France.

Petit lexique pour suivre une course

MotSens
BiòuLe taureau, en provençal.
CocardierTaureau de course confirmé, star de l’affiche.
RasetCourse en arc de cercle du raseteur devant le taureau.
RaseteurAthlète qui décroche les attributs au crochet.
TourneurÉquipier qui place le taureau pour le raseteur.
CapeladoDéfilé et salut d’ouverture, sur l’air de Carmen.
Cocarde, glands, ficellesLes attributs primés, dans l’ordre.
ManadeÉlevage de taureaux de Camargue.

Les mots de la course sont souvent provençaux, et le speaker les emploie sans les traduire.

Questions fréquentes

La course camarguaise est-elle dangereuse pour le taureau ?

Il n’y a pas de mise à mort et le sang ne coule pas : les arènes de La Grande-Motte parlent d’un sport sans effusion de sang. Le risque physique pèse surtout sur les raseteurs, qui passent au ras des cornes.

Où voir une course camarguaise pendant une feria ?

À Arles, la Feria de Pâques et la Feria du Riz ouvrent chacune leur programme aux arènes par une course camarguaise le vendredi. Les dates se trouvent sur les fiches de la Feria du Riz d’Arles et de la Feria de Pâques. Pour le reste de la saison, voyez notre calendrier de la course camarguaise.

Sources

  • fr.wikipedia.org
  • arenesdelagrandemotte.fr
  • sports.gouv.fr
  • ffcc.info