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Course camarguaise

Raseteur : le métier de la course camarguaise

Publié le 29 septembre 2026

Le raseteur est l’athlète de la course camarguaise. Vêtu de blanc et armé d’un crochet, il tente d’arracher les attributs fixés sur les cornes d’un taureau de Camargue : la cocarde, les glands et les ficelles. Chaque attribut enlevé lui rapporte une prime et des points au classement de la Fédération française de la course camarguaise (FFCC).

Qu’est-ce qu’un raset ?

Le raset est la course du raseteur vers le taureau. Il part en arc de cercle, croise la trajectoire de l’animal et passe la main armée du crochet entre les cornes au moment où il le frôle. Puis il file vers la barrière et saute par-dessus pour échapper à la charge. Le mot vient de « raser » : le geste se joue à quelques centimètres des cornes.

Le raseteur ne travaille pas seul. Les tourneurs, ses équipiers, placent le taureau dans la bonne direction et attirent son attention pour préparer le raset. Une course accueille au maximum seize raseteurs, classés en droitiers et gauchers selon la main qui tient le crochet.

Chaque taureau reste en piste une quinzaine de minutes. Pour les règles complètes, voir notre article sur les règles de la course camarguaise.

Comment reconnaître un raseteur dans l’arène ?

Par sa tenue entièrement blanche : tricot, pantalon et chaussures de sport. Son nom est inscrit en noir dans le dos, ce qui permet au public et au président de course de l’identifier.

Son outil est le crochet, une pièce métallique tenue dans la main qui sert à attraper les attributs noués aux cornes. L’Inventaire du patrimoine culturel immatériel signale que ce crochet a été modifié récemment. Nous lui consacrons un article à part, sur le crochet du raseteur.

Que doit attraper le raseteur ?

Les attributs sont fixés au toril avant l’entrée du taureau. Ils se prennent dans un ordre établi.

AttributDescriptionPlace sur le taureau
CocardePetit ruban rougeEntre les cornes
GlandsDeux pompons de laineUn à la base de chaque corne
FicellesCordelettes enrouléesAutour de la base des cornes

La cocarde est l’attribut le plus prestigieux. Chaque attribut porte une prime, annoncée au micro par la présidence. Tant que le taureau garde son attribut, la prime peut monter, ce qui encourage les raseteurs à tenter leur chance. Le détail de chaque attribut est expliqué dans notre article sur la cocarde et les attributs.

Combien gagne un raseteur ?

Il n’existe pas de grille de salaire publiée. Le revenu d’un raseteur vient des primes décrochées course après course, et leur montant varie selon l’organisateur, les commanditaires et le taureau. La FFCC ne publie pas de chiffre moyen, et nous n’en inventons pas.

L’Inventaire du patrimoine culturel immatériel précise que la pratique réunit des amateurs et des professionnels.

Comment devient-on raseteur ?

Par une école de raseteurs. L’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en recense seize, réparties sur deux départements. On en trouve notamment à Arles, Saint-Rémy-de-Provence, Lunel et Vendargues. La formation dure de trois à cinq ans.

Les élèves apprennent le comportement du taureau, se préparent physiquement et travaillent la technique. Avant d’affronter un animal, ils s’entraînent face à un « frontal », une paire de cornes montée sur un chariot. Les courses d’école se font ensuite avec des bêtes aux cornes protégées.

Les jeunes passent par des compétitions d’apprentis, comme les « Stars de demain » ou les « Graines de raseteurs ». Selon la FFCC, sa division sportive accompagne les jeunes dès leur entrée à l’école et suit leur formation technique, physique et réglementaire. La fédération compte environ 2 500 licenciés.

Le métier comporte des risques. L’encyclopédie rappelle qu’en 2020, le jeune raseteur Kevin Bruguière est mort lors d’une course réservée aux jeunes.

Quels sont les raseteurs les plus connus ?

Le classement de référence est le Trophée des As, créé en 1952, qui désigne le meilleur raseteur de la saison. La finale se tient alternativement à Nîmes et à Arles. En dessous viennent le Trophée des Raseteurs et le Trophée de l’Avenir. Notre article sur le Trophée des As en retrace l’histoire.

RaseteurVictoires au Trophée des As citées
Patrick Castro1970 puis 1975 et 1980
Thierry Ferrand1981 puis 1985 et 1992
Loïc Auzolle2007 puis 2010 et 2013
Vincent Marignan2021
Zakaria Katif2022 à 2024 (trois fois de suite)
Joachim Cadenas2025

Deux autres compétitions comptent dans une carrière : la Cocarde d’or d’Arles et la Palme d’or de Beaucaire. Les taureaux vedettes de ces courses ont aussi leurs palmarès, présentés dans notre article sur les cocardiers.

Où voir des raseteurs en action ?

La saison des courses camarguaises s’étend sur le Gard, l’Hérault, les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse. Les ferias d’Arles et d’Istres en programment. Consultez les fiches de la Feria du Riz d’Arles et de la Feria d’Istres pour les dates. Le calendrier fédéral complet est publié par la FFCC.

Questions fréquentes

Pourquoi le raseteur est-il habillé en blanc ?

La tenue blanche (tricot, pantalon et chaussures) est l’uniforme de la course camarguaise, avec le nom du raseteur inscrit en noir dans le dos.

Combien y a-t-il de raseteurs dans une course ?

Seize au maximum, droitiers et gauchers.

Depuis quand la course camarguaise est-elle un sport officiel ?

Elle est reconnue comme sport par le ministère de la Jeunesse et des Sports depuis 1975, et inscrite à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France depuis 2008.

Sources

  • pci-lab.fr
  • fr.wikipedia.org
  • ffcc.info