La montera est le chapeau noir que portent le matador et ses banderilleros pendant la corrida. Elle apparaît en 1835 avec le torero Francisco Montes « Paquiro », qui a codifié le costume de son temps. Faite d’astrakan doublé de taffetas, elle sert aussi de support à des gestes précis : on l’ôte, on la lance, on la dépose sur le sable. Chacun a un sens que l’aficionado sait lire depuis les gradins.
D’où vient la montera du torero ?
D’Andalousie, au XIXe siècle. Selon Wikipédia en espagnol, c’est Francisco Montes « Paquiro », né à Chiclana de la Frontera, qui l’introduit dans la tenue des toreros en 1835. Paquiro a aussi transformé l’habit lui-même : c’est à lui qu’on attribue les bases du costume actuel, décrit dans notre article sur l’habit de lumière.
La montera remplace ce que les toreros portaient auparavant sur la tête. Le site taurin Suerte Matador cite un filet à cheveux, la redecilla. Ce même site rattache le nom du chapeau au patronyme de Montes.
De quoi est faite une montera ?
D’astrakan, une fourrure d’agneau frisée, avec une doublure en taffetas de soie. Suerte Matador précise que les premières étaient taillées dans la peau d’agneau noir nouveau-né. Aujourd’hui on trouve aussi des versions en matière synthétique.
La forme a changé. Les monteras du XIXe siècle étaient plus hautes et plus larges, avec des pompons sur les côtés. La montera actuelle est plus petite.
Le chapeau est aussi un objet intime. Wikipédia en espagnol rapporte que certains toreros glissent une image religieuse à l’intérieur.
Qui porte la montera dans une corrida ?
Le matador et les banderilleros de sa cuadrilla. Les picadors, à cheval, portent un autre chapeau : le castoreño, à larges bords.
| Personnage | Coiffure |
|---|---|
| Matador | Montera |
| Banderillero | Montera |
| Picador | Castoreño |
Ce détail aide à repérer qui est qui pendant le défilé d’ouverture. Le vocabulaire de base figure dans notre lexique des ferias.
Pourquoi un torero défile-t-il la montera à la main ?
Parce qu’il se présente pour la première fois dans ces arènes. Au paseíllo, le défilé qui ouvre la corrida, les matadors entrent dans un ordre fixé par l’ancienneté. Le site Ecos de Valencia rappelle la règle : un torero qui fait ses débuts dans une arène défile destocado, c’est-à-dire tête nue, la montera dans la main.
C’est un signe de respect envers la place. Aux arènes de Nîmes ou de Dax, le public averti repère donc tout de suite le nouveau venu du cartel. Les dates de la Feria de Dax et celles de la Feria de Pentecôte de Nîmes sont sur leurs fiches.
Le paseíllo lui-même, avec les alguazils à cheval, est détaillé dans notre article sur l’alguazil et le paseo.
Que fait le torero de sa montera lors du brindis ?
Il s’en sert pour dédier le toro. Le brindis a lieu avant le dernier tiers, quand le matador prend la muleta. Deux cas existent.
- Brindis à une personne. Le torero s’avance vers les gradins, prononce quelques mots, puis lance sa montera à la personne choisie.
- Brindis au public. Le torero salue les gradins depuis la piste, puis dépose sa montera sur le sable, selon Suerte Matador.
La Boutique del Torero, commerce spécialisé en articles taurins, décrit une nuance d’usage. Pour une femme, le torero lance la montera de face. Pour un homme, il la lance de dos, par-dessus l’épaule. La suite du combat est expliquée dans notre article sur la faena.
Que signifie la montera qui tombe à l’envers ?
C’est une superstition, pas une règle. Quand le torero jette sa montera sur le sable, on regarde comment elle retombe. D’après la Boutique del Torero, si elle tombe l’ouverture vers le sol, c’est de bon augure. Si elle retombe l’ouverture vers le ciel, on y voit un mauvais présage.
Questions fréquentes
Comment s’appelle le chapeau du torero ?
La montera. Le chapeau à larges bords des picadors s’appelle le castoreño.
Depuis quand les toreros portent-ils la montera ?
Depuis 1835, quand Francisco Montes « Paquiro » l’a adoptée, selon Wikipédia en espagnol et le site Suerte Matador.
Pourquoi le torero enlève-t-il sa montera ?
Pour dédier un toro lors du brindis. Il défile aussi tête nue quand il se présente pour la première fois dans une arène.