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Tauromachie

Faena : le dernier tiers de la corrida expliqué

Publié le 29 septembre 2026

La faena est le travail à pied du matador avec la muleta, le leurre de tissu rouge, et l’épée. Elle occupe le dernier tiers de la corrida, le tercio de muerte, et se termine par l’estocade. Le mot espagnol signifie « le travail » ou « la tâche ». C’est sur la faena et sur l’estocade que le public et le président jugent le matador, et que se décident les oreilles.

Qu’est-ce qu’une faena en corrida ?

Une corrida se déroule en trois tiers. Le premier est celui des piques, le deuxième celui des banderilles. Le troisième appartient au matador seul face au taureau : c’est la faena de muleta. Le déroulé complet est expliqué dans notre article sur la corrida, définition et déroulement.

Selon l’encyclopédie, la faena se limitait autrefois à quatre ou cinq passes de préparation avant la mise à mort. L’essentiel du spectacle se jouait alors au capote. Aujourd’hui, c’est l’inverse : la faena est devenue le cœur de la corrida, et un matador qui l’écourte s’expose aux sifflets du public, la bronca.

Elle ne se prépare pas à l’avance. Le matador s’adapte au comportement du taureau, passe après passe. Il arrête quand l’animal ne charge plus, en gardant de quoi réussir l’estocade.

Que juge le public pendant une faena ?

Le vocabulaire de l’aficion tient en quelques verbes. Juan Belmonte a résumé l’art de toréer en trois mots : parar, templar, mandar. D’autres toreros ont proposé d’y ajouter cargar la suerte. On y joint souvent ligar.

TermeSens
Pararfixer le taureau et rester en place face à sa charge
Templarrégler la vitesse de la muleta sur celle de la charge
Mandardiriger la charge, imposer au taureau le trajet choisi
Cargar la suerteavancer la jambe opposée pour obliger le taureau à tourner autour du torero
Ligarenchaîner les passes sans se replacer entre deux

Le temple est la notion la plus souvent citée. L’Académie royale espagnole le définit comme le fait d’ajuster le mouvement de la cape ou de la muleta à la charge du taureau, pour la ralentir ou l’animer. L’encyclopédie en langue espagnole parle d’une distance entre les yeux du taureau et le tissu mesurable au millimètre.

Le mando découle du reste. D’après la même encyclopédie, plusieurs toreros, dont Domingo Ortega, estimaient qu’on ne peut pas commander un taureau sans charger la suerte. La distance compte aussi. Le matador choisit son terrain, les terrenos, et la distance à laquelle il cite le taureau.

Quelles sont les passes d’une faena ?

Les passes de base sont peu nombreuses. Tout le reste est variation.

  • La naturelle : muleta tenue de la main gauche, sans l’épée pour élargir le leurre.
  • Le derechazo : muleta tenue de la main droite, élargie par l’épée.
  • La passe de poitrine (pecho), avec ses variantes.
  • Le molinete et la manoletina, passes d’ornement citées par l’encyclopédie.

L’ordre et le nombre de passes ne sont pas fixés : le matador les choisit selon le taureau.

Combien de temps dure une faena ?

Le règlement espagnol des spectacles taurins fixe une limite claire, à l’article 81. Dix minutes après l’ordre de début du dernier tiers, si le taureau n’est pas mort, le président fait sonner un premier avis au clairon. Le deuxième avis sonne trois minutes plus tard. Le troisième suit deux minutes après.

Au troisième avis, le matador et sa cuadrilla se retirent et le taureau est renvoyé aux corrales ou achevé à la puntilla. Le temps compte donc pour l’estocade aussi : une faena longue suivie d’une mise à mort laborieuse peut valoir des avis au matador.

Les arènes françaises appliquent leur propre règlement taurin. Nous citons ici le texte espagnol, à titre de repère.

Quels trophées une faena peut-elle rapporter ?

L’article 82 du même règlement liste les récompenses. Elles vont du salut au tiers à la vuelta, le tour de piste, puis à une ou deux oreilles du taureau. La queue n’est accordée qu’à titre exceptionnel.

La procédure est précise.

  • Le salut et la vuelta : le matador les fait de lui-même, à la demande du public qui applaudit.
  • La première oreille : le président l’accorde si la majorité du public la demande.
  • La deuxième oreille : elle relève du seul président. Il tient compte de la demande du public, des qualités du taureau, de la conduite de la lidia et de la faena. Il regarde surtout l’estocade.
  • La sortie a hombros, sur les épaules par la grande porte : elle suppose au moins deux oreilles sur l’ensemble de l’après-midi.

Le taureau peut aussi être récompensé. Sur demande majoritaire du public, le président peut lui accorder un tour de piste en montrant un mouchoir bleu, s’il a fait preuve d’une bravoure exceptionnelle. Les oreilles ont leur article : trophées de corrida.

Où voir des faenas en France ?

Aux grandes ferias du Sud. La Feria de Pentecôte de Nîmes et la Feria de Dax programment chaque année plusieurs corridas. Pour la mise à mort qui clôt la faena, voir notre article sur l’estocade.

Notre avis pour un premier spectateur : regardez les pieds du matador plus que la muleta. S’ils bougent peu pendant une série, la faena a de bonnes chances d’être applaudie.

Questions fréquentes

Que veut dire faena ?

« Le travail » ou « la tâche » en espagnol. En tauromachie, le mot désigne le travail du matador à la muleta dans le dernier tiers.

Qui accorde les oreilles après une faena ?

Le président de la corrida. La première oreille suit la demande majoritaire du public. La deuxième relève de sa seule appréciation.

Sources

  • fr.wikipedia.org
  • boe.es
  • es.wikipedia.org