La tauromachie désigne l’ensemble des jeux et spectacles où des hommes affrontent un taureau ou une vache. En France, elle prend cinq formes principales : la corrida à pied, la corrida à cheval (rejón), la novillada, la course camarguaise et la course landaise. Les trois premières se terminent par la mort de l’animal et ne sont légales que là où une tradition locale ininterrompue existe. Les deux dernières n’en comportent pas.
Quelle est la définition de la tauromachie ?
Le mot couvre tout l’art de combattre ou de jouer avec le bétail brave, pas uniquement la corrida espagnole. C’est une confusion fréquente. Un raseteur de Beaucaire et un matador de Séville pratiquent tous deux la tauromachie, mais avec des règles, des animaux et des finalités opposées.
Ce qui distingue les formes entre elles tient à trois questions. Quel animal entre en piste : un taureau adulte, un jeune taureau ou une vache ? L’animal est-il mis à mort ? Qui organise et encadre la pratique : une empresa privée ou une fédération sportive reconnue par l’État ? Le tableau ci-dessous répond pour chaque forme présente en France.
Quelles formes de tauromachie existe-t-il en France ?
| Forme | Animal | Mise à mort | Territoire |
|---|---|---|---|
| Corrida à pied | Taureau de combat | Oui | Sud-Est et Sud-Ouest (villes à tradition taurine) |
| Rejón (corrida à cheval) | Taureau de combat | Oui | Mêmes arènes que la corrida |
| Novillada | Jeune taureau (novillo) | Oui | Mêmes arènes, souvent le matin des ferias |
| Course camarguaise | Taureau cocardier (biòu) | Non | Gard ; Hérault ; Bouches-du-Rhône ; quelques communes du Vaucluse |
| Course landaise | Vache coursière | Non | Landes et Gers ; départements limitrophes |
Les jeux de rue (abrivados, bandidos, encierros, lâchers de vaches) complètent ce paysage pendant les ferias et les fêtes votives. Ce ne sont pas des spectacles d’arènes codifiés.
Comment se déroulent la corrida, la novillada et le rejón ?
La corrida suit un ordre fixe en trois temps : le tercio de pique, les banderilles, puis la faena de muleta qui précède l’estocade. Six taureaux sont en général combattus par trois matadors. Le détail des étapes figure dans notre article sur le déroulement d’une corrida.
La novillada reprend la même structure avec des taureaux plus jeunes et des toreros qui n’ont pas encore pris l’alternative, les novilleros. Elle existe en deux versions : piquée (avec picadors) ou sans picadors. Hagetmau, dans les Landes, en a fait l’axe de sa fête : ses Fêtes, dites Féria du Novillo, programment chaque année au moins une novillada de chaque type. Voir la fiche des Fêtes d’Hagetmau.
Le rejón se joue à cheval. Le rejoneador plante des fers depuis sa monture et achève le taureau. À Nîmes comme à Béziers, les programmes 2026 comportaient chacun une corrida de rejón. Pour les grandes affiches à pied, les ferias de Nîmes à la Pentecôte, d’Arles à Pâques et de Dax en août servent de repères.
En quoi la course camarguaise est-elle différente ?
Aucun sang n’y coule. Des raseteurs vêtus de blanc tentent d’arracher, avec un crochet tenu à la main, les attributs primés fixés au frontal et aux cornes d’un taureau appelé cocardier. Ils sont aidés par des tourneurs, qui placent l’animal sans porter de crochet. La vedette reste le taureau : les meilleurs cocardiers ont un palmarès et des trophées à leur nom.
D’après la Ville de Pérols, une course type réunit six taureaux en deux parties, chacun restant quinze minutes en piste. La présentation des raseteurs, le capelado, se fait sur l’air de Carmen. La Fédération française de la course camarguaise indique que la saison va de mars à novembre et qu’elle est agréée par le ministère des Sports depuis 1975. Ses grands rendez-vous sont le Trophée des As, la Cocarde d’or d’Arles et le Biòu d’or. Les règles complètes sont détaillées dans notre article sur la course camarguaise.
Qu’est-ce que la course landaise ?
C’est un face-à-face entre des hommes et une vache sauvage, sans mise à mort. Deux profils se partagent la piste. L’écarteur attend la charge au centre et l’esquive d’un pivot du corps. Le sauteur franchit la vache en l’air, parfois par un saut périlleux. Autour d’eux, des hommes en blanc travaillent : entraîneurs, cordier qui tient la corde attachée aux cornes, et un second qui détourne la vache avec un mouchoir.
La fiche d’inventaire du patrimoine culturel immatériel du ministère de la Culture situe la pratique dans les Landes et le Gers, avec les franges voisines des Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées, du Lot-et-Garonne et de la Gironde. Elle recense environ 500 courses par an organisées par quelque 250 associations. La Fédération française de la course landaise encadre la compétition ; la Corne d’or se dispute chaque 14 juillet à Nogaro.
Où la corrida est-elle légale en France ?
L’article 521-1 du Code pénal punit les sévices graves envers un animal domestique ou captif. Le même article écarte cette sanction pour les courses de taureaux « lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ». Le Conseil constitutionnel a validé cette exception le 21 septembre 2012 (décision 2012-271 QPC). Il a précisé qu’elle ne vaut que dans les parties du territoire où cette tradition est établie.
Dans les faits, les corridas se donnent dans des villes d’Occitanie, de Provence et de Nouvelle-Aquitaine. La liste des dates est tenue à jour dans le calendrier des ferias. Une ville sans passé taurin ne peut pas en organiser.
Questions fréquentes
La course camarguaise est-elle une corrida ?
Non. Le taureau n’est ni blessé volontairement ni tué, et il rentre au toril après son quart d’heure en piste. La compétition est sportive, avec classement des raseteurs et prix pour les attributs enlevés.
Quelle forme voir pour une première feria ?
Tout dépend de la ville. À Nîmes et Arles, les ferias mêlent corridas et courses camarguaises dans leur amphithéâtre romain. Dans les Landes, Dax programme à la fois corridas et spectacles de course landaise, ce qui permet de comparer les deux sur une seule fête.