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Tauromachie

Torero mort dans l'arène : les drames de l'histoire

Publié le 29 septembre 2026

Plusieurs matadors célèbres sont morts des suites d’un coup de corne. Les cas les plus cités sont Joselito en 1920, Ignacio Sánchez Mejías en 1934, Manolete en 1947, Paquirri en 1984 et Yiyo en 1985. Au XXIe siècle, deux matadors sont morts en piste : Víctor Barrio à Teruel en 2016, puis Iván Fandiño à Aire-sur-l’Adour, dans les Landes, en 2017. Ce dernier drame a eu lieu en France.

Quels toreros célèbres sont morts dans l’arène ?

Le tableau reprend les cas documentés par les encyclopédies et la presse espagnole. Il se limite aux matadors, sans les banderilleros ni les picadors, qui paient aussi leur tribut.

MatadorDateArèneTaureau
Joselito (José Gómez Ortega)16 mai 1920Talavera de la ReinaBailaor
Ignacio Sánchez Mejíasblessé le 11 août 1934ManzanaresGranadino
Manoleteblessé le 28 août 1947LinaresIslero (Miura)
Paquirri26 septembre 1984PozoblancoAvispado
Yiyo (José Cubero)30 août 1985Colmenar ViejoBurlero
Víctor Barrio9 juillet 2016TeruelLorenzo
Iván Fandiño17 juin 2017Aire-sur-l’AdourProvechito

Comment sont morts Joselito et Sánchez Mejías ?

Joselito, de son nom José Gómez Ortega, avait 25 ans. Il est tué le 16 mai 1920 à Talavera de la Reina par le taureau Bailaor. Il partageait l’affiche ce jour-là avec Ignacio Sánchez Mejías. Sa carrière est retracée dans notre article sur Joselito.

Quatorze ans plus tard, c’est au tour de Sánchez Mejías. Le 11 août 1934, à Manzanares, le taureau Granadino l’atteint à la cuisse. Selon l’encyclopédie, il se contente d’arrêter l’hémorragie au lieu de se faire opérer sur place. Transféré à Madrid, il meurt le 13 août d’une gangrène gazeuse.

Son ami Federico García Lorca lui consacre le « Chant funèbre pour Ignacio Sánchez Mejías ». Le poème a été mis en musique par Maurice Ohana en 1950.

Comment Manolete est-il mort ?

Le 28 août 1947, à Linares, le taureau Islero de l’élevage Miura le blesse au moment de l’estocade. La corne touche l’artère fémorale. Il meurt le lendemain à 5 h du matin, environ 21 heures après le coup de corne.

Pour la carrière du matador, lisez notre article sur Manolete.

Que s’est-il passé à Pozoblanco et à Colmenar Viejo ?

Le 26 septembre 1984, à Pozoblanco, le taureau Avispado de l’élevage Sayalero y Bandrés blesse Paquirri à la cuisse. La corne sectionne la veine iliaque externe, la grande veine saphène et l’artère fémorale.

Le caméraman Antonio Salmoral filme l’accident, puis la scène à l’infirmerie : Paquirri y explique calmement ses blessures au chirurgien. Pendant le transfert, il fait un arrêt cardiaque. Il meurt à l’hôpital Reina Sofía de Córdoba. L’encyclopédie relève que sa mort a conduit à imposer aux arènes un meilleur équipement médical et des unités mobiles de soins intensifs. Sa carrière est racontée dans notre article sur Paquirri.

Onze mois plus tard, le 30 août 1985, José Cubero dit Yiyo est tué à Colmenar Viejo, près de Madrid. Il avait 21 ans. Le taureau Burlero le poursuit après l’estocade et l’atteint sous l’aisselle. La corne touche le cœur. La mort est presque immédiate.

Víctor Barrio et Iván Fandiño : les drames récents

Pendant plus de trente ans, aucun matador n’est mort en piste en Espagne. La série s’arrête le 9 juillet 2016 à Teruel. Le taureau Lorenzo, de l’élevage Los Maños, atteint Víctor Barrio sous l’aisselle gauche pendant une passe naturelle. Le Diario de Teruel rappelle que la corrida était diffusée en direct par des télévisions régionales. L’équipe médicale de l’arène n’a pu que constater le décès.

Sa veuve a ensuite créé la Fondation Víctor Barrio, destinée à transmettre la tauromachie aux jeunes générations.

Moins d’un an plus tard, le drame touche la France. Le 17 juin 2017, aux arènes Maurice-Lauche d’Aire-sur-l’Adour, le taureau Provechito de l’élevage Baltasar Ibán soulève Iván Fandiño. Le matador s’emmêle dans sa cape et tombe. La corne entre par le dos et atteint le poumon. Il est conscient à l’infirmerie, puis fait deux arrêts cardiaques pendant le transfert vers l’hôpital de Mont-de-Marsan. L’encyclopédie précise qu’aucun matador n’était mort dans une arène française depuis 1921, à Béziers.

Qu’est-il arrivé à Padilla à Saragosse ?

Juan José Padilla n’est pas mort, mais son accident fait partie des plus connus. Le 7 octobre 2011, pendant la Feria del Pilar de Saragosse, le quatrième taureau de l’après-midi l’atteint au visage alors qu’il pose les banderilles. Il perd l’œil gauche et une partie de l’audition. Sa mâchoire est gravement touchée.

Il revient en piste dès mars 2012 à Olivenza, un bandeau noir sur l’œil. Le public le surnomme alors « le pirate ». Il met fin à sa carrière en décembre 2018 au Mexique. Notre article sur Padilla revient sur son parcours.

Pourquoi les morts en piste sont-elles devenues rares ?

Les sources avancent la même explication : les progrès de la chirurgie taurine. Les arènes disposent d’une infirmerie et d’une équipe chirurgicale. Après Paquirri, les exigences médicales ont été renforcées.

Le Diario de Teruel note que ces progrès avaient fini par donner au milieu un faux sentiment de sécurité. La mort de Víctor Barrio l’a rappelé : une corne qui touche le cœur, un poumon ou une grosse veine laisse peu de temps aux chirurgiens.

Pour comprendre les risques propres à chaque tiers de la corrida, lisez notre article sur le métier de torero.

Questions fréquentes

Quel est le dernier torero mort dans l’arène ?

Parmi les matadors cités par les sources consultées, le plus récent est Iván Fandiño, mort le 17 juin 2017 après un coup de corne à Aire-sur-l’Adour. Víctor Barrio l’avait précédé en 2016 à Teruel.

Quel taureau a tué Manolete ?

Islero, de l’élevage Miura, le 28 août 1947 à Linares. Manolete est mort le lendemain matin.

Sources

  • en.wikipedia.org
  • fr.wikipedia.org
  • diariodeteruel.es
  • toroslasventas.com