Un torero est un professionnel de la tauromachie. Le mot couvre plusieurs métiers : le matador et le novillero, le rejoneador à cheval, puis les banderilleros et les picadors. Pour devenir matador de toros en Espagne, il faut passer par des étapes fixées par le règlement taurin national. Le futur torero torée d’abord des novillos sans picadors, puis avec picadors, avant de recevoir l’alternative.
Qu’est-ce qu’un torero, exactement ?
Le langage courant réserve souvent le mot au matador, celui qui tue le taureau. Le règlement espagnol range pourtant plusieurs métiers sous la même profession. Ce règlement des spectacles taurins, adopté par le décret royal 145/1996, organise la profession en sept sections d’un registre national :
| Section | Catégorie |
|---|---|
| I | Matadors de toros |
| II | Novilleros avec picadors |
| III | Novilleros sans picadors |
| IV | Rejoneadors (toreros à cheval) |
| V | Banderilleros et picadors |
| VI | Toreros comiques |
| VII | Mozos de espadas (valets d’épée) |
L’inscription est obligatoire pour toréer dans les spectacles où le règlement exige des professionnels. Elle mentionne la catégorie, l’ancienneté dans celle-ci et le nombre de courses de chaque saison.
Comment devient-on torero ?
Tout commence souvent dans une école taurine. Wikipédia date la première de 1830, à Séville, sur décision du roi Ferdinand VII. Elle a fermé quatre ans plus tard. Aujourd’hui, les écoles se trouvent en Espagne, au Portugal, en Amérique latine et en France. Le Centre français de tauromachie de Nîmes, fondé en 1984, a été la première structure de formation officielle en France. Nîmes, Arles, Béziers et Tarascon ont leur école. L’enseignement mêle théorie et pratique. L’élève s’exerce d’abord face à de jeunes veaux, avant d’affronter des bêtes adultes. Wikipédia compte six à sept ans pour former un torero.
L’entrée dans le métier suit ensuite une échelle précise, définie par le règlement espagnol :
- Novillero sans picadors (section III). Il faut avoir 16 ans et être présenté par un professionnel de rang supérieur ou un éleveur. Un an d’école taurine inscrite au registre, avec un certificat du directeur, suffit aussi.
- Novillero avec picadors (section II). Il faut justifier de dix novilladas sans picadors.
- Matador de toros (section I). Il faut avoir toréé vingt-cinq novilladas avec picadors, puis prendre l’alternative.
La novillada est une course avec de jeunes taureaux, les novillos. Nous l’expliquons dans la novillada.
Qu’est-ce que l’alternative ?
L’alternative est la cérémonie qui fait d’un novillero un matador de toros. Elle a lieu pendant une corrida. L’article 4 du règlement la décrit : le matador le plus ancien de l’affiche cède au nouveau son premier taureau. Il lui remet la muleta et l’épée en signe de reconnaissance. On l’appelle le parrain.
Le parrain passe alors en deuxième position. Le matador suivant en ancienneté sert de témoin et prend la troisième place. Pour les taureaux suivants, l’ordre normal reprend.
L’alternative doit ensuite être confirmée à Madrid. Le règlement précise que la confirmation se fait, comme le veut la tradition, aux arènes de Las Ventas, la première fois que le nouveau matador y torée. La même logique vaut pour les toreros à cheval : un rejoneador doit compter vingt courses de novillos avant de recevoir l’alternative d’un rejoneador plus ancien.
Qui compose la cuadrilla d’un matador ?
Le matador ne torée pas seul. L’article 70 du règlement fixe sa cuadrilla :
| Membre | Nombre | Rôle |
|---|---|---|
| Picadors | 2 | Piquent le taureau à cheval au premier tiers |
| Banderilleros | 3 | Placent les banderilles et aident à la lidia |
| Mozo de espadas | 1 | Valet d’épée au service du matador |
| Aide du mozo | 1 | Assiste le mozo de espadas quand il est présent |
Le format change selon l’affiche. Si deux matadors se partagent les six taureaux, chacun ajoute un picador et un banderillero. Si un matador tue seul les six taureaux, il fait venir deux cuadrillas en plus de la sienne.
Les subalternes ont aussi leur hiérarchie. Un banderillero de toros doit avoir travaillé dans au moins vingt-cinq novilladas avec picadors. Les rôles sont détaillés dans nos articles sur le picador et la banderille.
Comment fonctionne la hiérarchie entre toreros ?
Dans l’arène, tout se règle par l’ancienneté d’alternative. Le matador le plus ancien de l’affiche dirige la lidia : l’article 70 lui confie la direction artistique de la course. Il peut corriger le travail des autres. Les quites qui suivent chaque pique se font par ordre d’ancienneté. Chez les banderilleros, on intervient deux par deux, selon le même principe.
L’ordre ne dépend donc pas de la notoriété : un matador vedette mais d’alternative récente passe après un aîné moins connu. Pour situer les toreros français dans ce classement, voyez les toreros français.
Où voir des toreros en France ?
Les grandes ferias du Sud programment corridas et novilladas. À Nîmes, les arènes romaines accueillent la Feria de Pentecôte : voir la fiche de la Feria de Nîmes. Dax et Béziers proposent aussi des cartels chaque été, avec les dates sur leurs fiches.