Le correfoc est un défilé de rue catalan où des groupes déguisés en diables, les colles de diables, courent dans la foule en brandissant des feux d’artifice. Le mot signifie littéralement « feux qui courent ». Les diables dansent au son des tambours, les étincelles pleuvent sur le public, et parfois une bête de feu (un dragon, un monstre) avance avec eux. On en voit en Catalogne, dans la région de Valence, aux Baléares et en Catalogne Nord.
D’où vient le correfoc ?
D’une danse médiévale, le ball de diables. Wikipédia en catalan le dit documenté dès le XIIe siècle.
Le correfoc sous sa forme actuelle est bien plus récent. Selon Wikipédia, le terme apparaît à la fin des années 1970, après la fin du franquisme qui avait réprimé la culture catalane. Le phénomène se développe surtout dans les années 1980 et 1990, quand les fêtes majeures des villes et des quartiers en font un temps fort.
Comment se déroule un correfoc ?
Un cortège avance dans les rues de la ville. Devant ou au milieu, les tabalers (les joueurs de tambour) donnent le rythme. Les diables portent des piques au bout desquelles sont fixées des pièces pyrotechniques. Ils les allument avec une mèche, le botafoc, et courent en dansant dans la rue.
La pyrotechnie est transportée dans des sacs individuels ou dans un chariot central, d’après Wikipédia en catalan. Les costumes des diables sont en coton, en cuir ou en tissus ignifugés, avec la tête et le visage couverts.
Le public est tout près. Les étincelles retombent sur les spectateurs massés le long du parcours, d’où les consignes de sécurité qui suivent.
Quelles précautions prendre pour assister à un correfoc ?
Les pompiers de Barcelone donnent des consignes précises, rappelées par la télévision locale betevé :
- couvrir tout le corps avec des vêtements en coton ;
- porter un chapeau ;
- protéger les yeux ;
- nouer un foulard autour du cou pour que les étincelles n’entrent pas sous les vêtements et pour protéger les voies respiratoires ;
- mettre des chaussures confortables qui permettent de bouger vite ;
- ne jamais perdre les enfants de vue et leur faire porter un numéro de téléphone.
Le responsable du dispositif insiste sur un point : au-delà du feu, le danger d’un correfoc vient aussi des foules.
Évitez les tissus synthétiques, qui fondent au contact des braises. Un vieux sweat en coton à capuche fait très bien l’affaire.
Quelle différence avec le toro de fuego ?
Les deux mêlent la fête de rue et le feu, mais pas de la même façon. Le correfoc est fait par des humains déguisés, parfois accompagnés de bêtes de feu comme des dragons. Le toro de fuego, lui, met en jeu un taureau ou une structure en forme de taureau portant des feux. Notre article sur le toro de fuego explique cette tradition espagnole et le débat qu’elle suscite.
Valence a aussi sa tradition de poudre, mais statique et bruyante : c’est la mascletà.
Où voir un correfoc ?
À Barcelone, les correfocs ont lieu lors de la Saint-Jean et de la Diada. On en voit aussi aux fêtes de quartier de Gràcia et de Sants. Un autre accompagne la Mercè, la fête de la ville, autour du 24 septembre. Un correfoc a même figuré à la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de 1992, rappelle Wikipédia.
En Catalogne Nord, Wikipédia en français cite des colles comme les Diables de l’Albera. Wikipédia en catalan confirme que la tradition s’est étendue à la Catalogne Nord. Les dates dépendent de chaque groupe et de chaque commune.
Dans les Pyrénées-Orientales, la grande fête taurine est la Feria de Céret, en juillet. Elle n’a rien d’un correfoc, mais elle se tient dans le même pays catalan. Pour une autre tradition catalane, lisez notre article sur les castells, les tours humaines.
Questions fréquentes
Le correfoc est-il dangereux ?
Le feu passe au contact du public, d’où les consignes des pompiers : coton, chapeau, protection des yeux et du cou. Les pompiers de Barcelone rappellent que les foules sont un danger en plus du feu.
Peut-on emmener des enfants à un correfoc ?
Les pompiers de Barcelone ne l’interdisent pas, mais ils demandent de ne jamais perdre les enfants de vue et de leur faire porter un numéro de téléphone.