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Espadrille du Pays basque : l'histoire de Mauléon

Publié le 29 septembre 2026

L’espadrille du Pays basque se fabrique surtout à Mauléon-Licharre, dans la province basque de Soule. La production y devient industrielle au début du XIXe siècle et culmine en 1976 avec environ 15 millions de paires par an. Contrairement à une idée répandue, l’espadrille de Mauléon n’a pas d’indication géographique protégée : la demande déposée en 2016 a été rejetée.

D’où vient l’espadrille de Mauléon ?

L’invention de l’espadrille est revendiquée des deux côtés des Pyrénées. Personne ne peut trancher. Ce qui est établi, c’est le rôle de Mauléon dans son industrialisation.

Selon le site Paysbasque.net, la famille Béguerie, d’anciens épiciers, lance au début du XIXe siècle la fabrication et le commerce de l’espadrille en grande quantité. Le travail se fait alors à domicile : le fabricant fournit la matière première et récupère les paires terminées.

La toile est traditionnellement en lin. La semelle est tressée en corde de jute ou de chanvre. Ce sont ces deux matériaux qui donnent à l’espadrille son allure et sa légèreté.

Qui étaient les hirondelles de Mauléon ?

Vers 1910, l’espadrille connaît un grand succès dans le nord de la France. Les mineurs en usent une paire par semaine. La main-d’œuvre locale ne suffit plus.

Les fabricants recrutent alors des jeunes filles venues du Pays basque espagnol pour la saison. On les appelle les « hirondelles », un nom qui évoque les oiseaux migrateurs. Les chiffres cités par Paysbasque.net sont parlants : de 1896 à 1911, les effectifs passent de 537 à 1 585 ouvriers, dont 65 à 80 % venus d’Espagne.

Ces chiffres montrent qu’avant la Première Guerre mondiale, l’espadrille de Mauléon était déjà une industrie transfrontalière. Les ateliers souletins dépendaient largement de la main-d’œuvre venue du sud des Pyrénées.

Combien d’espadrilles fabrique-t-on à Mauléon ?

Le sommet est atteint en 1976 : les sandaliers de Soule produisent environ 15 millions de paires par an, avec 3 000 salariés. Puis vient la concurrence asiatique.

Philippe Béguerie, cité par Caméléon Magazine, raconte que les ventes progressent de 40 % par an de 1984 à 1993. À partir de 1993 et 1994, la grande distribution française se fournit en Asie. Le chiffre d’affaires chute presque de moitié. Toute la filière de la chaussure de l’Adour subit licenciements et restructurations.

Aujourd’hui, une poignée d’ateliers maintient la production. Paysbasque.net cite Don Quichosse, Armaite, Tauzin Père et Fils, Megam et Prodiso.

L’espadrille de Mauléon a-t-elle une IGP ?

Non. C’est le point le plus souvent mal compris. Le 24 juin 2016, l’association Soule Espadrille dépose auprès de l’INPI une demande d’indication géographique « Espadrille de Mauléon, Mauleko espartina ». La zone proposée couvre les cantons de Mauléon-Licharre et de Tardets, soit 35 communes. Quatre entreprises y sont inscrites : Armaite, Megam, Prodiso et Tauzin Père et Fils.

La base officielle de l’INPI affiche aujourd’hui le statut « demande rejetée ». Selon Paysbasque.net et Caméléon Magazine, le motif tient à la matière première : le jute des semelles vient du Bangladesh, seule source viable pour cette fibre.

Notre avis : le refus ne dit rien de la qualité du produit. Il dit qu’une indication géographique exige un lien matériel avec le territoire que l’espadrille ne peut plus offrir. La mention « fabriqué à Mauléon » reste le repère à chercher sur l’étiquette.

Comment est fabriquée une espadrille ?

Deux éléments la composent. La semelle est faite de corde de jute ou de chanvre tressée. Le dessus est une toile, traditionnellement en lin. L’assemblage consiste à coudre la toile sur la semelle.

C’est à cette étape que se joue la différence entre deux espadrilles. Caméléon Magazine distingue les paires piquées à la machine, de 700 à 1 000 par jour, et les paires cousues main, une douzaine par jour. L’écart de temps explique l’écart de prix entre une paire de série et une paire artisanale.

La matière première pose le problème évoqué plus haut. Le jute n’est pas cultivé en Soule. Les ateliers le font venir du Bangladesh, puis le travaillent sur place.

On trouve en boutique des modèles pour homme et pour femme, à lacets ou sans, compensés ou plats. Le modèle le plus simple reste la toile unie sur semelle plate.

Pourquoi porte-t-on des espadrilles aux fêtes ?

Parce qu’elles vont avec la tenue blanche. L’espadrille blanche complète le pantalon et la chemise blancs du festayre, avec le foulard et la ceinture rouges. Elle est légère, bon marché et se remplace facilement quand elle a trop souffert.

Deux conseils pratiques. Prévoyez une paire de rechange : la toile s’use vite sur le pavé et les semelles de jute boivent tout ce qui traîne au sol. Et sur une longue journée debout, une paire neuve peut blesser, mieux vaut l’avoir portée avant.

Notre guide de la tenue de festayre détaille chaque élément. Pour Bayonne, voyez aussi l’article sur la tenue des Fêtes de Bayonne et la fiche des Fêtes de Bayonne. Le béret, autre accessoire associé au Pays basque, a son propre article : le béret basque.

Questions fréquentes

Où acheter des espadrilles de Mauléon ?

Directement dans les ateliers et boutiques de fabricants à Mauléon-Licharre, ou dans les commerces du Pays basque qui vendent leur production. Vérifiez la mention du lieu de fabrication.

L’espadrille est-elle basque ou espagnole ?

Les deux revendiquent son invention. Mauléon, en Soule, en a fait une industrie dès le XIXe siècle, ce qui explique son association avec le Pays basque nord.

Sources

  • paysbasque.net
  • cameleon-magazine-pays-basque.fr
  • base-indications-geographiques.inpi.fr