La force basque désigne un ensemble d’épreuves de force et d’adresse inspirées des travaux de la ferme et de la forêt. On y soulève des pierres et on y fait pivoter des charrettes. On y scie des troncs et on tire à la corde. En basque, on parle de herri kirolak, les « sports du pays ». Elle est inscrite à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France. Les concours se multiplient l’été au Pays basque, jusque dans le programme des fêtes de Bayonne.
D’où vient la force basque ?
La fiche d’inventaire du ministère de la Culture le dit simplement : ces jeux reprennent les gestes des hommes de la campagne avant la mécanisation. Il fallait monter la paille au grenier, désembourber une charrette en montagne, porter des sacs de maïs, abattre des hêtres. Les paysans se sont mis à comparer leur force sur ces gestes, puis les défis sont devenus des concours.
Le vocabulaire n’est pas unifié. Le grand public dit « force basque ». La Fédération des jeux ruraux Herri Kirolak, qui cherche à fédérer les clubs côté français, préfère « jeux traditionnels basques ». Côté espagnol, Wikipédia indique que le gouvernement basque reconnaît seize disciplines officielles.
Ce n’est plus un sport exclusivement masculin. La fiche du ministère relève que des femmes concourent en championnat depuis 2008, dont une au lever de pierre depuis 2011.
Quelles sont les épreuves de force basque ?
La fiche d’inventaire décrit onze épreuves selon les normes de la fédération. Les poids varient d’un concours à l’autre : les chiffres ci-dessous sont ceux des normes citées par le ministère.
| Épreuve (nom basque) | Le geste | Charge ou règle |
|---|---|---|
| Lever de pierre (harri jasotzea) | Monter une pierre sur l’épaule | Pierres de 100 kg à plus de 329 kg |
| Lever de charrette (orga joko) | Faire pivoter une charrette autour de son timon | Charrette de 350 kg dont environ 200 kg portés |
| Lever d’enclume (ingudea) | Lever l’enclume à bout de bras | 18 kg le plus de fois possible en 90 secondes |
| Lever de paille (lasto altxatzea) | Hisser un ballot par une poulie | 45 kg avec poulie à 7 m en 2 minutes |
| Jeter de paille (lasto botatzea) | Lancer une botte à la fourche au-dessus d’une barre | 12,5 kg avec une barre souvent vers 6 m |
| Tir à la corde (soka tira) | Tirer l’équipe adverse sur 4 m | Équipes classées par poids total |
| Course du laitier | Porter deux bidons le plus loin possible | Deux bidons de 41 kg |
| Course de sac (zakulariak) | Courir avec un sac sur les épaules | 80 kg sur 120 m |
| Ramassage des épis (buskail biltzea) | Ramasser 50 épis un par un | Environ 1 500 m de course |
| Bûcheron (aizkolari) | Couper un tronc à la hache | Troncs de 35 à 80 cm de diamètre |
| Scieurs (arpana) | Scier un hêtre à deux au passe-partout | Dix rondelles avec une scie d’environ 2 m |
Le lever de pierre est le plus spectaculaire. Le leveur saisit la pierre par une ouverture, la fait basculer contre son ventre, change de prise puis la pousse jusque sur l’épaule. La pierre a alors pivoté de 270 degrés. Un assistant l’aide à la faire retomber sur un pneu rembourré.
Le tir à la corde est le plus connu. Les cordées s’affrontent par catégories de poids, de 560 à 720 kg, et les concurrents sont pesés avant l’épreuve. La corde mesure trente mètres. Il n’y a pas de lever d’enclume dans tous les concours : les organisateurs choisissent leurs épreuves.
Comment se déroule un concours ?
Dans les concours par équipes, des formations de village s’opposent sur plusieurs épreuves. Au Trophée de Basse-Navarre, décrit dans la fiche du ministère, chaque équipe dispute cinq épreuves : tir à la corde, lever de paille, transport des bidons, orga joko et course des contrebandiers. Le tir à la corde y compte double.
La tenue est simple : short, polo du club, chaussures de sport et une longue ceinture de toile enroulée autour de la taille. Les leveurs de pierre ajoutent une ceinture d’haltérophile et un tablier renforcé. Un seau de magnésie sert à assurer la prise.
Le public participe parfois. À Saint-Étienne-de-Baïgorry, des spectateurs peuvent tenter certaines épreuves à la fin du concours et repartent avec une bouteille de vin local, selon la même fiche.
Où voir de la force basque en été ?
La saison va de la fin du printemps à l’automne, avec un pic en juillet et août. Le tir à la corde se pratique surtout en salle, de la fin de l’hiver au printemps.
Trois rendez-vous reviennent dans la fiche du ministère :
- Le festival de force basque de Saint-Palais, le plus connu du grand public, organisé par la ville chaque année le dimanche qui suit le 15 août.
- Le Trophée de Basse-Navarre, en juillet à Saint-Étienne-de-Baïgorry, disputé depuis 1992 entre équipes de la province.
- Le festival France-Espagne, un dimanche d’août au fronton de Saint-Étienne-de-Baïgorry, avec une équipe navarraise invitée.
Les fêtes de Bayonne en programment aussi. En 2026, ICI annonçait une compétition de force basque place Paul-Bert. Elle avait lieu le dimanche 19 juillet de 15 h 30 à 17 h 30. C’est l’occasion la plus simple d’en voir si l’on vient pour la fête. Les autres temps forts et les dates sont sur la fiche des fêtes de Bayonne.
La fiche du ministère compte plusieurs concours et démonstrations chaque semaine pendant l’été au Pays basque, en journée comme en soirée. Le programme de la commune reste la seule source fiable pour les horaires.
Force basque et pelote, même famille ?
Non. La pelote est un jeu de balle, avec ses règles et ses frontons. La force basque se rapproche davantage de l’athlétisme de force. Les deux partagent souvent le même lieu, le fronton du village, et le même public de fête. Pour d’autres repères sur la culture basque en fête, lisez notre article sur le béret basque ou celui sur le drapeau basque.
Questions fréquentes
Quelle est l’épreuve la plus lourde ?
Le lever de pierre, avec des pierres qui dépassent 329 kg dans les normes citées par le ministère. L’orga joko fait porter environ 200 kg au concurrent pendant qu’il fait tourner la charrette.
La force basque est-elle gratuite à regarder ?
Dans les fêtes de village et place Paul-Bert à Bayonne, le concours se regarde en plein air. Du vendredi au dimanche, l’entrée dans le périmètre des fêtes de Bayonne demande toutefois le bracelet Pass Fêtes.