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Course camarguaise

La bouvine : la culture taurine camarguaise

Publié le 29 septembre 2026

La bouvine (bouvino en provençal) désigne l’ensemble des traditions du monde taurin organisées autour du taureau de race Camargue. Elle recouvre la course camarguaise, mais aussi les abrivados, les bandidos et les ferrades, ainsi que les gens qui les font vivre : manadiers, gardians, raseteurs, tourneurs et tambourinaires. On la pratique dans les Bouches-du-Rhône, le sud du Gard, l’est de l’Hérault et le Vaucluse. Le taureau n’y est jamais mis à mort.

Que veut dire le mot bouvine ?

Le mot vient du provençal bouvino, formé sur biòu, le bœuf ou le taureau. L’encyclopédie en français le définit comme l’ensemble des traditions du monde du taureau autour de la race Camargue.

Le site associatif Bouvine et Traditions en fait le fil de toutes ses rubriques. On y trouve les origines et le patrimoine, mais aussi le costume, la cuisine et des textes en provençal.

Où se pratique la bouvine ?

Sur un territoire assez resserré. L’encyclopédie cite :

  • les Bouches-du-Rhône, avec la Camargue et Arles ;
  • le sud du Gard et la Petite Camargue ;
  • l’est de l’Hérault ;
  • le Vaucluse.

C’est dans ces départements que se tiennent les fêtes votives, ces fêtes de village où les jeux taurins tiennent une grande place. Les deux ferias d’Arles, celle de Pâques et la Feria du Riz, mêlent d’ailleurs corrida espagnole et course camarguaise.

Quelles traditions font partie de la bouvine ?

Les principales pratiques se répartissent entre l’arène, la rue et le pré.

PratiqueEn quoi elle consiste
Course camarguaiseDes raseteurs tentent d’arracher les attributs fixés sur les cornes du taureau
AbrivadoDes gardians à cheval mènent des taureaux dans des rues fermées par des barrières
BandidoLe trajet inverse, pour ramener les taureaux vers les prés
FerradeLe marquage au fer des jeunes bêtes de la manade
Encierro et taureau-piscineJeux taurins des fêtes votives

La course camarguaise en est le cœur. Ce qui la distingue de la corrida, c’est la place du taureau : c’est lui la vedette, et les meilleurs, les cocardiers, reviennent courir d’une saison à l’autre. Les règles sont expliquées dans notre article sur la course camarguaise.

Quel est le vocabulaire de la bouvine ?

Beaucoup de mots viennent du provençal. Voici les plus courants.

  • Biòu : le taureau, en provençal. Il donne son nom au Biòu d’or, trophée du meilleur cocardier créé en 1952.
  • Manade : le troupeau de taureaux ou de chevaux élevé en plein air, et par extension l’élevage. Son propriétaire est le manadier.
  • Gardian : le cavalier qui conduit les bêtes de la manade.
  • Raseteur : l’homme en blanc qui court vers le taureau pour décrocher les attributs avec un crochet.
  • Tourneur : celui qui place le taureau pour préparer le passage du raseteur.
  • Cocardier : le taureau de course, celui qui porte la cocarde.
  • Afeciouna : l’amateur, l’équivalent camarguais de l’aficionado. Bouvine et Traditions a d’ailleurs baptisé son agenda « l’agenda de l’afeciouna ».
  • Tambourinaire : le musicien au galoubet et au tambourin, présent dans les fêtes.

Quelles institutions encadrent la bouvine ?

Deux structures, l’une sportive, l’autre patrimoniale.

La Fédération française de la course camarguaise (FFCC) a été fondée en 1975 et siège à Nîmes. Elle délivre les licences, gère le calendrier et les compétitions, et forme les jeunes. Elle revendique environ 2 500 licenciés et, depuis le 27 janvier 2025, a pour président Éric Mauras. Elle classe trois grandes distinctions : le Trophée des As pour les raseteurs, le Biòu d’or pour les taureaux et la Cocarde d’or d’Arles.

La Nacioun gardiano défend le costume, les coutumes et les traditions du pays d’Arles, de la Camargue et des pays taurins. Le marquis Folco de Baroncelli-Javon, inspiré par Frédéric Mistral, en fonde l’ancêtre le 24 juin 1904 avec dix membres. L’association est déclarée sous son nom actuel le 16 septembre 1909, avec son siège aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Son histoire est détaillée dans notre article sur la Nacioun gardiano.

Le taureau lui-même a son label : la viande « Taureau de Camargue » est reconnue en AOC depuis 1996 et en AOP depuis 2001.

Comment découvrir la bouvine ?

Le plus simple est de suivre une fête votive en été dans un village du Gard ou des Bouches-du-Rhône, où abrivados et courses se succèdent. Les courses ont lieu aussi bien dans les arènes de village que dans les amphithéâtres d’Arles et de Nîmes. Une visite de manade permet enfin de voir les taureaux et les chevaux au pré. En ville, la Feria d’Istres garde aussi une course camarguaise le samedi matin.

Pour suivre la saison depuis chez soi, une plateforme vidéo, Toril TV, diffuse des courses camarguaises. Notre article sur Toril TV détaille son offre.

Questions fréquentes

Bouvine et tauromachie espagnole, est-ce la même chose ?

Non. La bouvine concerne le taureau de race Camargue et des jeux sans mise à mort. La corrida utilise le toro de race brave, venu d’Espagne. Les deux coexistent pourtant dans les mêmes villes, comme Arles ou Nîmes.

Qu’est-ce que Bouvine et Traditions ?

Un site associatif consacré à la culture camarguaise. Il publie des articles sur le patrimoine, le costume, la langue provençale et un agenda des courses. Il demande simplement de citer ses pages quand on les utilise.

Sources

  • fr.wikipedia.org
  • bouvine.info
  • en.wikipedia.org
  • ffcc.info