Folco de Baroncelli-Javon, dit le marquis de Baroncelli, est un poète provençal devenu manadier en Camargue. Né à Aix-en-Provence le 1er novembre 1869 et mort à Avignon le 15 décembre 1943, il a fondé la Nacioun gardiano, l’association qui défend depuis plus d’un siècle le costume et les traditions des gardians. On lui doit aussi la croix camarguaise et une bonne part de l’image que la Camargue donne d’elle-même aujourd’hui.
Qui était Folco de Baroncelli ?
Il descend d’une famille florentine dont l’encyclopédie en ligne suit la trace jusqu’au XIIIe siècle. Son frère Jacques de Baroncelli est réalisateur de cinéma.
Le tournant est littéraire. En 1889, il rencontre Frédéric Mistral et se met au service de la langue provençale. À partir de 1891, il dirige L’Aiòli, le journal de Mistral. Il devient majoral du Félibrige, le mouvement de défense de la langue d’oc, de 1905 à 1926.
En 1895, il épouse Henriette Constantin. Ils auront trois filles.
Comment est-il devenu manadier ?
La même année 1895, il crée sa manade aux Saintes-Maries-de-la-Mer : la Manado Santenco. En 1899, il s’installe pour de bon au mas de l’Amarée, où il vit jusqu’en 1931.
Le choix est radical pour un aristocrate lettré. Baroncelli partage la vie des gardians, monte à cheval et s’attache à la race Camargue, taureaux comme chevaux. Pour comprendre ce métier, lisez notre article sur le manadier et celui sur le gardian.
Il quitte l’Amarée pour le mas du Simbèu. En 1943, les troupes allemandes réquisitionnent ce mas et l’en expulsent en février. Il meurt à Avignon en décembre de la même année. Ses cendres sont ramenées en 1951 dans un tombeau élevé sur le site du mas.
Qu’est-ce que la Nacioun gardiano ?
La Nacioun gardiano (« nation gardiane » en provençal) est une association. Son but, selon l’encyclopédie : maintenir et glorifier le costume, les usages et les traditions du pays d’Arles, de la Camargue et des pays de bouvine.
Sa date de naissance prête à confusion. Les deux dates qui circulent sont justes :
| Date | Événement |
|---|---|
| 1904 | Création du Coumitat Vierginen, première forme du mouvement |
| 1909 | Fondation officielle de la Nacioun gardiano, qui lui succède |
L’initiative vient de Mistral, à la demande duquel Baroncelli lance l’association. L’encyclopédie la rattache à Arles et indique que ses activités se concentrent aujourd’hui à Aimargues, dans le Gard. En 2025, le capitaine de la Nacioun était Ludovic Donadille.
L’association participe aux fêtes de la bouvine : abrivados, ferrades, sorties à cheval en costume. Nos articles sur l’abrivado et sur la ferrade décrivent ces traditions. En 1991, elle a reçu la médaille de bronze de la fondation Florian.
Quel rôle Baroncelli a-t-il joué dans les traditions camarguaises ?
Son héritage se voit partout en Camargue, souvent sans que son nom soit prononcé.
Le costume, d’abord. C’est sous son impulsion que la tenue du gardian se fixe : veste de velours, chemise colorée, large feutre. Nous racontons cette histoire dans la tenue de gardian.
La croix camarguaise, ensuite. Baroncelli la commande en 1924 au peintre Hermann-Paul. Elle est inaugurée en 1926 aux Saintes-Maries-de-la-Mer et devient l’emblème de la Nacioun. Son symbolisme est détaillé dans l’article sur la croix camarguaise.
La race enfin. En élevant des taureaux et des chevaux Camargue, le marquis a défendu des animaux propres au delta. Ce sont ces taureaux qu’on voit aujourd’hui en course camarguaise. Voir la race Camargue.
Pourquoi parle-t-on de Baroncelli et des Gitans ?
C’est un épisode souvent cité. En 1935, la Nacioun gardiano obtient que les Gitans participent aux processions du pèlerinage des Saintes-Maries-de-la-Mer. La statue de Sara est depuis portée par des Gitans pendant le pèlerinage. L’encyclopédie présente ce moment comme un tournant dans la pratique religieuse locale.
Autre rencontre marquante : selon l’encyclopédie, le marquis a collaboré avec des membres du spectacle Wild West de Buffalo Bill. Des cavaliers de l’Ouest américain et des gardians camarguais se sont ainsi croisés.
Où retrouver la mémoire de Baroncelli aujourd’hui ?
Aux Saintes-Maries-de-la-Mer, d’abord. Le village garde la croix inaugurée en 1926 et reste le lieu du pèlerinage de mai. Le tombeau du marquis se trouve sur le site de l’ancien mas du Simbèu.
L’association continue d’organiser des manifestations où les gardians paraissent en costume, lors des fêtes locales. C’est le moment le plus simple pour voir ce qu’il a voulu préserver. Pour situer ces rendez-vous dans l’année, consultez notre calendrier des courses camarguaises et la page sur les arènes des Saintes-Maries-de-la-Mer.
Questions fréquentes
Quand la Nacioun gardiano a-t-elle été fondée ?
En 1909, selon l’encyclopédie. Elle prend la suite du Coumitat Vierginen, créé en 1904. D’où les deux dates qu’on lit selon les sources.
Où est enterré le marquis de Baroncelli ?
Ses cendres reposent depuis 1951 dans un tombeau élevé sur le site du mas du Simbèu, près des Saintes-Maries-de-la-Mer.
Baroncelli est-il l’auteur de la croix camarguaise ?
Il en est le commanditaire. Le dessin est du peintre Hermann-Paul.