Un lâcher de taureaux est un jeu taurin de rue : des taureaux de Camargue sont conduits ou libérés dans un parcours fermé par des barrières, au milieu du public. Les formes les plus courantes sont l’abrivado, le bandido et l’encierro, auxquelles s’ajoute le toro piscine dans les arènes. Ces courses de taureaux dans les rues rythment les fêtes votives du Gard et de l’Hérault. Chacune est autorisée par un arrêté du maire, dans un cadre fixé par la préfecture.
Qu’appelle-t-on un lâcher de taureaux ?
L’expression regroupe plusieurs jeux qui ont un point commun : le taureau n’est pas mis à mort et le public participe. Ce ne sont pas des spectacles d’arène au sens strict. Ils se déroulent sur la voie publique, dans des rues fermées pour l’occasion.
Les taureaux viennent d’une manade, un élevage de taureaux de Camargue. Ils restent sous la responsabilité du manadier et de ses gardians.
Quelle différence entre abrivado, bandido et encierro ?
Les trois se ressemblent, mais pas pour un habitué. Voici les repères.
| Jeu | Ce qui se passe | Chevaux |
|---|---|---|
| Abrivado | les taureaux vont des prés vers les arènes | oui, les gardians encadrent le groupe |
| Bandido | trajet inverse, des arènes vers les prés | oui |
| Encierro (Camargue) | taureaux lâchés dans un parcours ou une place fermés | non |
Commençons par l’abrivado. Selon l’encyclopédie, le mot occitan évoque l’élan et la hâte. À l’origine, les gardians à cheval menaient les taureaux des pâturages jusqu’aux arènes. Quand le troupeau traversait un village, les jeunes tentaient de faire échapper les bêtes. Les cavaliers passaient donc au galop, le plus vite possible.
Le jeu d’aujourd’hui reproduit cette scène. Les rues sont barrées, et des participants à pied, les attrapaïres, tentent de faire échapper un taureau en perturbant les chevaux. L’abrivado longue part de plusieurs kilomètres avant le village, souvent après un repas.
Le bandido fait le chemin inverse, des arènes vers les prés. L’encyclopédie précise que le mot « encierro » désigne en Espagne la conduite des taureaux vers l’arène, alors que dans le Midi il désigne un lâcher sans cavaliers. C’est une source de confusion fréquente avec l’encierro de Pampelune.
Pour aller plus loin : notre article sur l’abrivado en Camargue et celui sur le bandido.
À quoi ressemble une fête votive avec lâchers ?
L’arrêté pris par la commune de Beauvoisin, dans le Gard, pour sa fête votive d’août 2025 en donne une idée précise. La fête dure neuf jours, du 16 au 24 août. L’arrêté y autorise des abrivados et des bandidos de jour comme de nuit. S’y ajoute un encierro en centre-ville.
Le rythme est régulier : abrivado le matin, bandido en fin d’après-midi. Certains jours, le parcours part d’un lieu-dit hors du village et suit la route jusqu’aux arènes. D’autres jours, il reste dans les rues du centre. Plusieurs manades se partagent les sorties.
Chaque commune fixe le sien, avec ses parcours et ses manades.
Qui encadre un lâcher de taureaux ?
Le maire, d’abord. C’est lui qui autorise chaque manifestation par arrêté, au titre de ses pouvoirs de police. L’arrêté de Beauvoisin vise ainsi un arrêté préfectoral du 14 mars 2025, qui entérine le guide des fêtes traditionnelles à l’usage des collectivités et des organisateurs, édition 2025.
Ce texte communal détaille plusieurs obligations.
- Les parcours sont fermés et sécurisés par des barrières de type beaucairoise pendant toute la durée du jeu.
- L’organisateur et le manadier signent une convention pour le bon déroulement des traditions taurines, prévue par le guide préfectoral.
- Les manades sont licenciées à la Fédération française de la course camarguaise.
- L’organisateur présente une assurance de responsabilité civile propre à ces manifestations.
- Un dispositif de secours est assuré par une association de secouristes.
- Un référent sécurité est nommé pour les spectacles taurins.
La population est prévenue en amont par affichage, messages et avertisseurs sonores. Le même arrêté rappelle un principe important : les personnes qui assistent ou participent sont considérées comme prenant part à la fête de leur plein gré, et circulent à leurs risques et périls.
Le toro piscine est-il un lâcher de taureaux ?
Pas au sens strict, puisqu’il se déroule dans une arène et non dans la rue. Il en partage pourtant l’esprit : des amateurs descendent en piste face à l’animal, sans mise à mort. Une piscine installée au milieu de la piste sert de décor au jeu. Il a son propre article : le taureau piscine.
Où voir une course de taureaux dans les rues aujourd’hui ?
Surtout dans le Gard et l’Hérault, au moment des fêtes votives. Chaque village publie son programme avant la fête. L’arrêté municipal, affiché en mairie et souvent mis en ligne, détaille les parcours et les horaires.
Pour savoir quelles ferias ont lieu à une date donnée, consultez notre calendrier des ferias. Les grandes villes proposent plutôt des corridas et des courses camarguaises en arène. Les lâchers se vivent davantage dans les villages.
Un conseil de prudence : restez derrière les barrières si vous n’avez jamais assisté à un abrivado. L’arrêté de Beauvoisin le dit sans détour : le groupe formé par les chevaux au galop et les taureaux présente des risques manifestes pour toutes les personnes présentes sur le parcours.
Questions fréquentes
Les taureaux sont-ils blessés lors des lâchers ?
Le jeu ne prévoit pas de mise à mort. Les taureaux restent sous la responsabilité du manadier et de ses gardians pendant tout le parcours, et le bandido les ramène vers les prés.
Faut-il payer pour assister à un abrivado ?
Les lâchers se déroulent sur la voie publique, dans le cadre de la fête votive. L’accès aux rues est libre, sauf dispositif particulier annoncé par la commune.