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Histoire

Tableau de corrida : les peintres de la tauromachie

Publié le 29 septembre 2026

Les tableaux de corrida les plus connus sont signés Goya, Manet, Picasso et Botero. Plus près de nous vient le Nîmois Claude Viallat. Goya a fixé le modèle avec sa série de gravures La Tauromaquia, publiée en 1816. Manet l’admirait et Picasso l’a reprise en 1959. En France, le Musée des cultures taurines de Nîmes conserve des œuvres de Goya, de Picasso et de Viallat à cent mètres des arènes.

Quel est le tableau de corrida le plus célèbre ?

Il n’y a pas un tableau mais une série : La Tauromaquia de Francisco de Goya. Ce sont 33 gravures à l’eau-forte réalisées entre 1815 et 1816. Leur titre complet annonce des estampes qui représentent « différentes suertes et attitudes de l’art de combattre les taureaux ». Goya y retrace l’histoire de la course, des chasses anciennes jusqu’aux toreros de son temps. On y voit Pedro Romero et la mort du matador Pepe Illo.

L’artiste avait écarté onze autres planches qu’il jugeait ratées. Le ton n’est pas celui de la fête. La série insiste sur le danger, avec par exemple le cheval éventré. Des tirages sont conservés au musée du Prado, au musée Goya de Castres et au château-musée de Nemours. Notre article dédié à la Tauromaquia de Goya reprend les planches principales.

Pourquoi Manet a-t-il peint des corridas ?

Édouard Manet traverse une période espagnole entre 1862 et 1867. Il admire Velázquez et Goya. En 1864, il présente au Salon un grand tableau, Épisode d’une course de taureaux. La critique en attaque les proportions. Manet découpe alors la toile et en garde deux fragments.

Le premier est devenu L’Homme mort, souvent appelé Le Torero mort. Retravaillé, il est exposé en 1867 et se trouve aujourd’hui à la National Gallery of Art de Washington. Le second fragment, La Corrida, appartient à la Frick Collection de New York.

Manet se rend en Espagne en 1865. Il en rapporte Combat de taureaux, peint en 1865 et 1866 et conservé au musée d’Orsay, à Paris. Le tableau montre les arènes de Madrid et un moment rare : le taureau renverse le cheval du picador.

Quelle place pour Picasso dans la peinture taurine ?

Pablo Picasso a peint la corrida toute sa vie. Son plus ancien tableau conservé, Le Petit Picador jaune, date de 1889. En 1959, il publie sa propre Tauromaquia, une suite de gravures inspirée directement de celle de Goya. Nous lui consacrons un article complet : Picasso et la corrida. Il y est question des arènes d’Arles et de Nîmes, qu’il fréquentait après la guerre.

Botero, le peintre des toreros ronds

Fernando Botero est né à Medellín en 1932 et mort à Monaco en 2023. En 1944, à 12 ans, son oncle l’inscrit dans une école taurine. Il en garde la peur du taureau, mais le sujet ne le quitte plus. Dans un entretien repris par les Arènes de Nîmes en 2019, il dit que c’est peut-être grâce à ces tableaux taurins qu’il est devenu peintre.

À partir de 1984, il peint pendant environ deux ans presque exclusivement des scènes de corrida. Sa série La Corrida, montrée en 1985, compte 25 toiles qui suivent les différentes phases du combat. On y retrouve ses figures aux volumes gonflés : matadors, picadors, chevaux et taureaux.

Claude Viallat, le peintre nîmois de la tauromachie

Claude Viallat est né à Nîmes en 1936. Depuis 1966, il peint par empreintes répétées sur des toiles libres, sans châssis. Il a appartenu au groupe Supports/Surfaces. Le Centre Pompidou conserve une de ses œuvres intitulée Tauromachie I.

Viallat a grandi à Aubais, dans le Gard, et la tauromachie traverse son œuvre. Il est aussi collectionneur. Avec son épouse Henriette, il a déposé une partie de sa collection taurine au musée municipal de Nîmes, qui porte désormais leur nom. Notre article Claude Viallat et les toros détaille ce lien.

Où voir des tableaux de corrida ?

Œuvre ou fondsArtisteOù la voir
La Tauromaquia (33 gravures)GoyaPrado (Madrid) et musée Goya (Castres)
L’Homme mortManetNational Gallery of Art (Washington)
La Corrida (fragment)ManetFrick Collection (New York)
Combat de taureauxManetMusée d’Orsay (Paris)
Tauromachie IViallatCentre Pompidou (Paris)
Fonds taurinGoya et Picasso et ViallatMusée des cultures taurines (Nîmes)

Le Musée des cultures taurines Henriette et Claude Viallat se trouve au 6 rue Alexandre Ducros, à Nîmes. Selon la Ville, il réunit environ 30 000 pièces. On y trouve des œuvres d’art et des affiches, mais aussi des photographies et des objets de la corrida comme de la course camarguaise. Il ouvre de mai à octobre, et la visite libre est gratuite. En dehors de cette période, il n’accueille que des groupes sur rendez-vous.

Que chercher quand on veut acheter un tableau taureau ?

Pour décorer une pièce avec un tableau de corrida moderne, les affiches de feria sont une autre piste que la toile originale, car plusieurs villes taurines en confient le dessin à des artistes. Notre article sur les affiches de feria présente cette tradition. Pour voir les œuvres en vrai, profitez d’un séjour pendant la Feria de Pentecôte de Nîmes : le musée est à cent mètres des arènes. À Arles, pendant la Feria de Pâques, des œuvres taurines de Picasso restent visibles dans la ville.

Sources

  • fr.wikipedia.org
  • en.wikipedia.org
  • arenesdenimes.com
  • nimes.fr
  • centrepompidou.fr