Le vocabulaire de la corrida est espagnol, y compris dans les arènes françaises. Une corrida se découpe en trois tercios (tiers), le dernier étant la faena, le travail à la muleta. Le public crie olé, le président envoie un aviso quand le temps dépasse la limite, et on juge un matador sur son temple, sa façon d’accorder son geste à la charge du taureau. Voici les mots à connaître, classés dans l’ordre où on les entend.
Comment prononcer les mots espagnols de la corrida ?
Quatre règles suffisent pour ne pas écorcher les termes :
- le j et le g devant e ou i se prononcent comme un r raclé du fond de la gorge : oreja se dit « o-ré-rha » et rejoneador « ré-rho-né-a-dor » ;
- le ñ se dit « gn » : España, peña ;
- le ll se dit à peu près « y » : paseíllo se dit « pa-sé-i-yo », callejón « ca-yé-rhon » ;
- le u se dit « ou » et le e final se prononce toujours : suerte se dit « souèr-té ».
L’accent écrit indique la syllabe forte : callejón appuie sur la fin, paseíllo sur le « i ».
Quels mots entend-on avant que le taureau sorte ?
| Espagnol | Prononciation | En français |
|---|---|---|
| cartel | car-tél | l’affiche, et aussi le trio de toreros annoncé |
| paseíllo | pa-sé-i-yo | le défilé d’ouverture de tous les participants |
| alguacilillo | al-goua-si-li-yo | le cavalier qui fait le lien entre le président et les toreros |
| cuadrilla | coua-dri-ya | l’équipe du matador (picadors et banderilleros) |
| toril | to-ril | la porte par laquelle le taureau entre en piste |
| callejón | ca-yé-rhon | le couloir entre la barrière et les gradins |
| burladero | bour-la-dé-ro | l’abri en planches devant la barrière |
| tendido | tén-di-do | une section numérotée des gradins |
Le français a adopté une partie de ces mots. On dit « l’alguazil » plutôt qu’alguacilillo, et « le paseo » est courant. Notre article sur l’alguazil et le paseo détaille la cérémonie.
Que veulent dire tercio, faena et suerte ?
La lidia, c’est l’ensemble du combat d’un taureau. Elle se découpe en trois tercios :
- le tercio de varas, où le picador intervient à cheval avec sa pique ;
- le tercio de banderillas, où l’on plante les banderilles ;
- le tercio de muerte, qui comprend la faena et la mise à mort.
Faena veut dire « travail » : c’est la série de passes de muleta exécutée par le matador pendant le troisième tercio. Suerte désigne chaque action codifiée, qu’il s’agisse d’une passe ou d’une pose de banderilles. Le déroulé complet est expliqué dans corrida : définition et déroulement et la faena.
Quels noms de passes faut-il connaître ?
Pour suivre les commentaires, une poignée de passes suffit :
- verónica (vé-ro-ni-ca) : la passe de cape de base, tenue à deux mains ;
- chicuelina (tchi-coué-li-na) : passe de cape créée par le matador Chicuelo ;
- natural (na-tou-ral) : la passe de muleta de la main gauche, considérée comme la plus pure ;
- derechazo (dé-ré-tcha-so) : la même de la main droite, avec l’épée qui élargit le leurre ;
- pase de pecho (pa-sé dé pé-tcho) : la passe de poitrine qui clôt une série ;
- quite (ki-té) : l’intervention qui écarte le taureau d’un torero en danger.
Le temple (tém-plé) n’est pas une passe mais une qualité : le glossaire de Wikipédia le définit comme l’accord entre le rythme du torero et celui de la charge. Le cite (si-té), enfin, est le geste d’appel qui provoque la charge.
Que crie-t-on et que décide le président ?
Olé est l’encouragement du public, lancé à la fin d’une passe réussie.
Le président dirige la corrida depuis sa loge avec des pañuelos (pa-gnoué-los), des mouchoirs de couleur. Il envoie un aviso (a-vi-so) quand la faena dépasse le temps réglementaire. Au troisième aviso, le taureau est renvoyé aux corrals, selon le glossaire de Toros.es. Pour récompenser le matador, il accorde une oreja (o-ré-rha) ou deux. Le rabo (ra-bo), la queue, reste une récompense très rare. Sans oreille, le public peut réclamer une vuelta al ruedo, un tour de piste.
La mise à mort a aussi son vocabulaire : estocada (l’estocade à l’épée), descabello (le coup à la nuque si l’animal ne tombe pas), puntilla (le poignard de la fin). Le taureau mort est tiré hors de piste par les mules : c’est l’arrastre. Une bête exceptionnelle peut être graciée : c’est l’indulto, que nous expliquons dans l’indulto.
Quels mots désignent le taureau et l’élevage ?
| Espagnol | En français |
|---|---|
| toro | taureau de combat adulte |
| novillo | jeune taureau de deux à trois ans, combattu en novillada |
| becerro | veau de moins de trois ans |
| ganadería | l’élevage de toros de combat |
| encaste | la lignée génétique d’un élevage |
| sobrero | le taureau de réserve |
Puerta grande désigne la grande porte des arènes, celle par laquelle sort en triomphe un matador qui a coupé assez d’oreilles. Mano a mano désigne une corrida où deux matadors seulement se partagent les six taureaux.
Questions fréquentes
Faut-il parler espagnol pour suivre une corrida en France ?
Non, mais le vocabulaire technique reste espagnol, même en France. Avec la trentaine de mots de cette page, on suit une corrida à la Feria de Nîmes comme à celle de Dax.
Où trouver les autres mots de la feria ?
Les mots de la fête de rue (peña, bodega, banda, festayre) sont dans notre lexique des ferias.