Luis Miguel Dominguín est un matador espagnol né à Madrid le 9 décembre 1926 et mort à San Roque, près de Cadix, le 8 mai 1996. Il a dominé le classement des toreros en 1946, 1948 et 1951. Sa célébrité dépasse les arènes : son duel de 1959 avec son beau-frère Antonio Ordóñez est le sujet de L’Été dangereux d’Ernest Hemingway, il a été l’ami de Pablo Picasso et le compagnon d’Ava Gardner.
Qui était Luis Miguel Dominguín ?
Il naît dans une famille de toreros. Son père, Domingo Dominguín, a été matador. Ses deux frères aînés, Domingo et José, dit Pepe, ont aussi toréé. Luis Miguel commence très jeune : l’encyclopédie situe sa première apparition en public à Lisbonne, en 1941, alors qu’il a une douzaine d’années.
Les grandes étapes de sa carrière :
| Date | Étape |
|---|---|
| 5 septembre 1943 | présentation à Madrid |
| 2 août 1944 | alternative à La Corogne (parrain : Domingo Ortega) |
| 14 juin 1945 | confirmation à Madrid (parrain : Manolete) |
| 1946 puis 1948 et 1951 | premier de l’escalafón |
| fin 1960 | première retraite |
| 10 juin 1971 | retour en piste |
| 12 septembre 1973 | dernière corrida à Barcelone |
L’alternative est la cérémonie qui fait d’un novillero un matador de toros. Le détail de ce rite est dans notre article sur le métier de torero.
Quel lien entre Dominguín et Manolete ?
Manolete a été son parrain de confirmation à Madrid en 1945, puis son grand rival. Dominguín était à l’affiche de la corrida de Linares du 28 août 1947, où Manolete a été mortellement blessé par le taureau Islero. Cette date pèse sur toute sa carrière : le jeune Madrilène devient la figure dominante de l’après-Manolete. Nous revenons sur ce drame dans notre portrait de Manolete.
À Madrid, il sort cinq fois par la grande porte de Las Ventas selon l’encyclopédie espagnole : en 1946, en 1948, deux fois en 1949 et en 1960.
Que raconte L’Été dangereux d’Hemingway ?
En 1959, Dominguín affronte Antonio Ordóñez, marié à sa sœur. Les deux beaux-frères se retrouvent plusieurs fois en mano a mano, c’est-à-dire seuls face à six taureaux. La saison est marquée par des blessures graves des deux côtés.
Ernest Hemingway suit cette rivalité pour le magazine Life. Il écrit un long manuscrit entre octobre 1959 et mai 1960. Une version abrégée paraît en trois livraisons en septembre 1960. Le livre complet, The Dangerous Summer (L’Été dangereux), ne sort qu’en 1985, après la mort de l’auteur.
Hemingway ne cache pas son camp. Il admire le classicisme d’Ordóñez et décrit Dominguín comme plus spectaculaire, avec des passes jugées moins risquées. Le livre a longtemps façonné l’image de Dominguín hors d’Espagne. Hemingway avait déjà écrit sur la corrida dans Le Soleil se lève aussi, situé aux fêtes de Pampelune.
Quelle amitié liait Dominguín à Picasso ?
Les deux hommes étaient amis, ce que relèvent les trois encyclopédies consultées. Selon l’encyclopédie anglophone, Dominguín a porté un habit de lumière dessiné par Picasso lors de son retour en piste en 1971. Pour la place de la tauromachie dans l’œuvre du peintre, lire notre article sur Picasso et la corrida.
Qui étaient Ava Gardner et Lucia Bosè dans sa vie ?
Entre 1952 et 1954, Dominguín a une liaison avec l’actrice américaine Ava Gardner, rapportée par l’encyclopédie espagnole. Il épouse ensuite l’actrice italienne Lucia Bosè, le 1er mars 1955 à Las Vegas, puis religieusement le 16 octobre de la même année dans leur domaine de Villa Paz. Le couple se sépare en 1967.
Ils ont trois enfants, dont le chanteur et acteur Miguel Bosé. Dominguín se remarie plus tard avec Rosario Primo de Rivera, avec qui il vit jusqu’à sa mort.
Comment Dominguín a-t-il fini sa carrière ?
Il se retire une première fois à la fin de 1960. Il revient le 10 juin 1971, à plus de 44 ans. Sa dernière corrida a lieu à Barcelone le 12 septembre 1973. Il meurt le 8 mai 1996 à San Roque, d’une insuffisance cardiaque selon l’encyclopédie espagnole, et repose au cimetière de Guadiaro, près de Sotogrande.
Sa carrière couvre donc trois décennies, de 1944 à 1973. Pour situer Dominguín parmi les autres noms de la corrida du XXe siècle, voir aussi El Cordobés, qui prend la lumière dans les années 1960, pendant la première retraite de Dominguín.
Questions fréquentes
Dominguín a-t-il été le « numéro un » ?
Oui, au sens de l’escalafón, le classement annuel des matadors selon le nombre de corridas. Il en a pris la tête en 1946, 1948 et 1951.
Quel est le lien entre Dominguín et Miguel Bosé ?
Miguel Bosé, chanteur et acteur espagnol, est le fils de Luis Miguel Dominguín et de Lucia Bosè.