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Tauromachie

Ganadería : l'élevage du toro de combat expliqué

Publié le 29 septembre 2026

Une ganadería est un élevage de toros de combat (toros de lidia). Le mot espagnol se traduit par « élevage ». Il désigne à la fois les terres, le troupeau et le nom sous lequel les taureaux sortent en piste. Chaque ganadería se reconnaît à trois marques : le fer (hierro), la devise (divisa) et l’entaille à l’oreille (señal). Sur une affiche de corrida, son nom figure à côté de ceux des matadors.

Que veut dire ganadería ?

Littéralement, « élevage de bétail ». En tauromachie, le mot prend un sens précis. Wikipédia le définit comme le lieu d’où viennent les toros de combat, mais aussi comme une entreprise : des terres, un cheptel et une réputation. Le propriétaire est le ganadero. Au pluriel, on écrit ganaderías.

Le toro de combat n’est pas un taureau ordinaire. Il descend de lignées sélectionnées pour leur comportement en piste, sujet détaillé dans notre article sur le toro bravo.

Comment reconnaît-on une ganadería ?

Par trois signes, que le règlement taurin espagnol (Real Decreto 145/1996) impose d’enregistrer :

SigneNom espagnolCe que c’est
FerHierroMarque posée au fer rouge sur le veau. Souvent des initiales ou un symbole.
DeviseDivisaCocarde de rubans aux couleurs de l’élevage. Elle est piquée sur le dos du toro à sa sortie du toril.
SeñalSeñalEntaille faite à l’oreille lors du marquage. Wikipédia en recense douze types.

Le règlement précise que ces trois signes doivent être propres à chaque élevage. Ils ne peuvent prêter à confusion avec ceux d’une autre ganadería. Dans les arènes de première et de deuxième catégorie, la devise est un double harpon de 80 millimètres.

Le public sait donc d’où vient chaque toro avant même la première passe. Dans ces mêmes arènes, le règlement impose d’afficher pour chaque toro son poids, son élevage et son mois et année de naissance. L’affichage suit l’ordre de sortie.

Comment devient-on ganadero de toros de combat ?

En Espagne, en s’inscrivant au Registre des entreprises d’élevage de bétail de combat. Le règlement fixe les conditions :

  • posséder au moins 25 vaches reproductrices et un étalon, inscrits au livre généalogique de la race de combat ;
  • disposer d’un fer, d’une señal et d’une devise exclusifs ;
  • disposer de terres closes et d’installations adaptées au bétail de combat.

L’inscription n’ouvre pas tout de suite les portes des arènes. Il faut attendre deux ans avant de pouvoir y présenter des toros. Et aucune bête qui n’appartient pas à un élevage inscrit ne peut être combattue.

Wikipédia donne un ordre de grandeur de la charge : environ 400 têtes de bétail pour produire 40 toros de combat par an. Les toros de corrida doivent avoir entre quatre et six ans, selon le règlement.

Qu’est-ce que la tienta ?

C’est l’épreuve qui sert à choisir les reproducteurs. Wikipédia la décrit ainsi :

  1. La tienta des vaches. Les jeunes vaches de trois à quatre ans sont éprouvées dans une petite arène privée, la placita de tienta. Un picador teste d’abord leur envie de charger. Un torero juge ensuite, à la muleta, la longueur et la franchise de leur charge.
  2. L’acoso y derribo. Les jeunes mâles de moins de deux ans sont poursuivis en plein champ par des cavaliers armés d’une perche, la garrocha, puis renversés. On observe leur réaction. Wikipédia note que cette pratique se fait de plus en plus rare à cause des blessures.
  3. Les étalons. Seuls les meilleurs mâles destinés à la reproduction sont éprouvés. Ils ne doivent jamais voir une cape avant la piste : on les teste « a cuerpo limpio », en les appelant et en les esquivant.

Les tientas ont lieu hors saison, surtout en février et en mars, quand les toreros sont disponibles. Pour la différence avec la capea et la becerrada, voir notre article sur la capea, la tienta et la becerrada.

Qu’est-ce qu’un encaste ?

C’est la lignée d’un élevage. Wikipédia en espagnol reprend la définition de l’Académie royale espagnole : améliorer la lignée d’un troupeau par croisement ou rafraîchissement du sang. On dit d’un toro qu’il est « encastado » quand il montre les qualités de sa lignée.

Les élevages actuels descendent de quelques souches fondatrices, les « castas » :

  • andalouses : Vistahermosa, Vazqueña, Cabrera et Gallardo ;
  • castillanes : Jijona, Colmenar et la souche morucha ;
  • navarraises, issues d’élevages comme Lecumberri et Zalduendo.

Le matador Paquiro, au XIXe siècle, résumait l’enjeu cité par Wikipédia : une bonne lignée ne garantit pas un toro brave, mais elle rend la bravoure plus probable. C’est tout le pari de la sélection.

Pourquoi le nom de l’élevage compte-t-il autant ?

Parce qu’il annonce le type de toro. Si la lignée rend un comportement plus probable, comme le disait Paquiro, le nom de l’élevage dit au public ce qu’il peut attendre. Certains élevages traînent une réputation de toros exigeants : l’exemple le plus connu est l’élevage Miura.

Une partie des aficionados choisit donc sa corrida d’après l’élevage autant que d’après le cartel des toreros. On les appelle les « toristes ». Deux ferias françaises ont bâti leur identité sur ce choix :

  • à Vic-Fezensac, le cycle « Toros en Vic » mise sur des élevages rarement vus ailleurs. En 2026, les Miura y revenaient après 42 ans d’absence : voir la fiche du Festival de Vic-Fezensac ;
  • à Céret, l’association Céret de Toros choisit elle-même des encastes rares : voir la Feria de Céret.

À l’inverse, les grandes ferias comme Nîmes à la Pentecôte bâtissent d’abord leurs affiches autour des matadors. Le nom de l’élevage y figure quand même en bonne place sur chaque cartel.

Y a-t-il des ganaderías en France ?

Oui. Wikipédia en compte environ 32, surtout en Camargue. Elle recense aussi 94 élevages enregistrés au Portugal et 283 au Mexique. En Espagne, les éleveurs sont regroupés en trois associations.

Il ne faut pas confondre ces élevages de toros de combat avec les manades de taureaux Camargue, élevés pour la course camarguaise. Le mot manade est expliqué dans notre article sur la manade.

Sources

  • fr.wikipedia.org
  • boe.es
  • es.wikipedia.org