« Hegoak » est le nom sous lequel beaucoup de gens connaissent « Txoria txori », un poème en basque de Joxean Artze mis en musique par Mikel Laboa en 1968. Le texte parle d’un oiseau : lui couper les ailes permettrait de le garder, mais il cesserait alors d’être un oiseau. Chanté en chœur et souvent sans instrument, ce chant basque est devenu l’un des plus repris du Pays basque, en fête comme en tribune de rugby.
Que veut dire Hegoak en basque ?
Hegoak signifie « les ailes ». C’est le premier mot du poème, et le public l’a adopté comme titre. Le titre d’origine, Txoria txori, se traduit littéralement par « l’oiseau (est un) oiseau », selon l’encyclopédie Wikipédia.
Les deux noms désignent la même chanson. La chanteuse Anne Etchegoyen a popularisé le titre « Hegoak » en France avec sa version de 2013, d’après la version espagnole de Wikipédia. Cet enregistrement a reçu un disque d’or en 2014, avec plus de 60 000 exemplaires vendus. Dans les chorales et les bandas, on entend les deux appellations indifféremment.
Nous ne reproduisons pas les paroles, protégées par le droit d’auteur. Le poème tient en trois courtes strophes, ce qui explique en partie qu’on l’apprenne vite à l’oreille.
Quel est le sens de la chanson Hegoak ?
Le poème pose un dilemme. Le narrateur aurait pu garder l’oiseau en lui coupant les ailes, mais l’animal aurait alors perdu ce qui faisait de lui un oiseau. Wikipédia en espagnol résume le propos ainsi : l’amour vrai respecte la liberté de l’autre.
Deux lectures cohabitent. La première est intime : on ne retient pas quelqu’un qu’on aime en l’enfermant. La seconde est politique. Le texte est né sous le franquisme, quand l’usage du basque était réprimé en Espagne, et l’oiseau libre y a été lu comme une image de la liberté d’un peuple et de sa langue. Wikipédia précise que cette portée militante n’était pas le projet de départ : la méditation sur l’amour est devenue malgré elle un hymne à la liberté.
Qui a écrit Hegoak et quand ?
Le texte est de Joxean Artze. Les sources ne s’accordent pas sur la date : la version espagnole de Wikipédia indique 1957, la version française le début des années 1960, quand Artze avait 24 ou 25 ans.
La musique est de Mikel Laboa, né à Saint-Sébastien le 15 juin 1934 et mort le 1er décembre 2008. Tous deux faisaient partie d’Ez dok Amairu, un collectif fondé dans les années 1960 pour faire revivre la culture et la chanson en langue basque, aux côtés de Xabier Lete et de Benito Lertxundi.
L’histoire de la rencontre entre le texte et la musique est souvent racontée. En 1968, Laboa aurait trouvé le poème imprimé sur des serviettes en papier dans un restaurant de Saint-Sébastien. L’impression clandestine de textes en basque servait alors d’acte de résistance, rappelle le groupe bayonnais Baionan Kantuz. Laboa l’aurait mis en musique très vite. L’enregistrement officiel paraît en 1974 sur l’album Bat-Hiru, que les lecteurs du Diario Vasco ont élu meilleur album basque de l’histoire.
Hegoak est-il un chant traditionnel ?
Non, même si beaucoup le croient. Wikipédia note qu’il est souvent pris à tort pour un chant traditionnel. Il a un auteur et un compositeur identifiés, et une date de création connue.
La confusion s’explique. La mélodie est simple et se chante a cappella. Elle a été reprise par de nombreuses chorales basques et par des artistes de tous horizons. Joan Baez l’a chantée aux arènes de Bilbao en 1988. Kepa Junkera et The Kelly Family l’ont aussi enregistrée. Quand une chanson circule autant de bouche à oreille, son origine s’efface.
| Repère | Date |
|---|---|
| Poème de Joxean Artze | 1957 ou début des années 1960 selon les sources |
| Mise en musique par Mikel Laboa | 1968 |
| Premier enregistrement sur Bat-Hiru | 1974 |
| Joan Baez aux arènes de Bilbao | 1988 |
| Version d’Anne Etchegoyen | 2013 |
Pourquoi chante-t-on Hegoak en fête et au rugby ?
Parce qu’elle se chante lentement, à plusieurs voix, sans rien d’autre que la foule. Aux Fêtes de Bayonne, le groupe Baionan Kantuz l’inclut dans le répertoire basque qu’il fait reprendre au public.
Le rugby en offre un exemple daté. Le 4 juin 2016, après la victoire de l’Aviron bayonnais en finale d’accession contre Aurillac, les supporters réunis devant l’écran géant de la place de la Mairie ont entonné Hegoak, rapporte le site Le Rugbynistère.
En 2021, la chanson a aussi été élue chanson préférée des internautes de France Bleu Pays Basque, parmi douze titres du patrimoine musical basque.
Pour le reste du répertoire entendu dans les rues, notre article sur les chansons basques connues présente Agur Jaunak ou Errege Leon, et celui sur la Peña Baiona raconte l’hymne des fêtes bayonnaises.
Questions fréquentes
Hegoak se chante-t-il en français ?
Le texte original est en basque, et c’est ainsi qu’on l’entend le plus souvent en fête. La version d’Anne Etchegoyen, sortie en 2013, a surtout fait connaître le titre « Hegoak » au public français.
Faut-il connaître le basque pour chanter Hegoak ?
Non. Les strophes sont courtes et répétées, et les chorales non bascophones l’apprennent souvent à partir d’une transcription phonétique. Le sens se retient en une phrase : on ne garde pas un oiseau en lui coupant les ailes.
Où entendre Hegoak pendant les Fêtes de Bayonne ?
Lors des moments de chant collectif dans la vieille ville, notamment avec Baionan Kantuz. Les dates des prochaines fêtes sont sur notre calendrier des ferias.