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Musique

Chanson de San Fermín : Uno de enero, Pobre de mí, Riau-riau

Publié le 29 septembre 2026

Il n’y a pas une chanson de San Fermín mais plusieurs, chacune liée à un moment précis des fêtes de Pampelune. « Uno de enero » égrène les dates jusqu’au 7 juillet, jour du saint. Le « Pobre de mí » se chante à minuit le 14 juillet pour clore les fêtes. Le matin, les coureurs de l’encierro adressent un cántico au saint, et le Riau-riau accompagne un défilé sur l’air d’une valse.

Que raconte la chanson « Uno de enero » ?

C’est une énumération. Chaque vers associe un jour à un mois : du 1er janvier au 2 février puis au 3 mars. La suite monte ainsi jusqu’au 7 juillet, date de la San Fermín. Les Pamplonais appellent cette suite l’« escalera de San Fermín », l’escalier du saint : chaque date est une marche qui rapproche de la fête.

La chanson se chante toute l’année dans les peñas et les bars. Elle revient surtout à la fin du 14 juillet. Après le « Pobre de mí », une partie de la foule enchaîne sur « Uno de enero » pour dire que le compte à rebours vers l’édition suivante commence déjà. On retrouve cette logique d’attente dans notre article sur le chupinazo, la fusée qui ouvre les fêtes le 6 juillet à midi.

Quand chante-t-on le « Pobre de mí » ?

Le 14 juillet à minuit, sur la place de la mairie de Pampelune. D’après le quotidien El Independiente, la foule tient des bougies allumées et agite le foulard rouge porté pendant neuf jours. Le texte tient en deux vers. Il dit en substance « pauvre de moi, les fêtes de San Fermín sont finies ». C’est le pendant exact du chupinazo : la fête s’ouvre sur la place de la mairie et se referme au même endroit.

L’origine reste floue. El Independiente la situe vers les années 1920 et cite le peintre pamplonais Julián Valencia, souvent crédité d’avoir lancé le rituel avec des amis, bougie à la main, dans les rues de la vieille ville. Le journal rapporte aussi l’avis de musicologues pour qui les grands chants des Sanfermines sont des créations populaires sans auteur établi. La mélodie serait un air déjà existant, sur lequel on aurait posé ces paroles. Selon la même source, l’adieu public à minuit s’est installé à la fin des années 1960.

Le foulard qu’on dénoue ce soir-là a son histoire propre, racontée dans notre article sur le foulard rouge.

Que chantent les coureurs avant l’encierro ?

Un cántico à San Fermín, pour demander sa protection. La Ville de Pampelune en donne le cadre. Chaque matin, des membres des peñas Donibane et San Fermín installent une image du saint dans une niche creusée au début de la côte de Santo Domingo, point de départ de la course. Les coureurs chantent l’invocation trois fois : à 7 h 55, 7 h 57 et 7 h 59. Ils tiennent à la main un journal roulé, l’accessoire habituel du coureur.

C’est le seul chant du matin. À 8 h, une fusée annonce la sortie des taureaux et le silence tombe sur la rue. Le parcours et ses règles sont détaillés dans notre article sur l’encierro de Pampelune.

Qu’est-ce que le Riau-riau ?

Le Riau-riau désigne un défilé dansé devant les autorités municipales, sur la musique d’une valse. D’après l’encyclopédie en espagnol, la partition est le « Vals de Astráin », écrit par le compositeur Miguel Astráin à la fin du XIXe siècle et sous-titré « La alegría en San Fermín ». Des paroles y ont été ajoutées en 1928 par María Isabel Hualde Redín.

Le cri « riau, riau » et la danse autour du cortège seraient nés entre 1911 et 1914, à l’initiative d’Ignacio Baleztena, connu sous le nom de Premín de Iruña. Le principe : la corporation municipale traverse la ville en cortège et la foule danse devant elle au rythme de la valse.

Ce rituel a une histoire mouvementée. L’encyclopédie relève qu’à partir des années 1970, la foule gêne de plus en plus le parcours. En 1991, des violences font plusieurs blessés, dont le maire. La mairie retire le cortège officiel du programme en 1992. Deux tentatives de retour, en 1996 et en 2012, tournent court après de nouveaux heurts. Depuis 1992, des collectifs de citoyens organisent un Riau-riau non officiel, sans la municipalité, avec la fanfare La Pamplonesa.

Quels chants entend-on pendant les neuf jours ?

ChantMomentOù
Cántico à San FermínChaque matin à 7 h 55 puis 7 h 57 et 7 h 59Côte de Santo Domingo
Vals de Astráin (Riau-riau)Défilé non officielVieille ville
« Uno de enero »Toute la fête et après la clôtureRues et peñas
« Pobre de mí »14 juillet à minuitPlace de la mairie

Le reste du temps, la musique vient surtout des fanfares des peñas, qui jouent dans les rues et aux arènes. Le répertoire des fanfares du Sud-Ouest, cousin de celui des peñas navarraises, est présenté dans notre guide bandas et musique.

Peut-on reprendre ces chants sans parler espagnol ?

Oui, et c’est ce que font beaucoup de visiteurs étrangers. « Uno de enero » se retient en une écoute puisqu’il suffit de compter les jours et les mois. Le « Pobre de mí » tient en deux vers répétés. Le cántico du matin est plus solennel. Il vaut mieux l’écouter que de le chanter approximativement au milieu des coureurs.

Pour situer ces moments dans le programme, la fiche des fêtes de San Fermín à Pampelune rappelle le calendrier du 6 au 14 juillet. Si vous montez depuis la France, la chanson qui fait le lien entre les deux villes est traitée à part dans notre article Pampelune et Bayonne en chanson.

Questions fréquentes

Qui a écrit le « Pobre de mí » ?

Aucun auteur n’est établi avec certitude. La presse espagnole cite le peintre Julián Valencia comme initiateur du rituel dans les années 1920, et d’autres attributions circulent. El Independiente rapporte que les musicologues y voient une création populaire.

Le Riau-riau existe-t-il encore ?

Pas sous sa forme officielle. La mairie l’a retiré du programme en 1992, mais un défilé organisé par des collectifs de citoyens a lieu chaque année avec La Pamplonesa.

Sources

  • elindependiente.com
  • es.wikipedia.org
  • pamplona.es