Le tambourinaire est le musicien qui joue du galoubet-tambourin, l’instrument de la tradition provençale. Il tient d’une main une petite flûte à trois trous, le galoubet, et frappe de l’autre un tambour long suspendu à son bras, le tambourin. Seul, il fournit la mélodie et le rythme. En Pays d’Arles, on l’entend dans les défilés de gardians, les farandoles et les fêtes du costume.
Qu’est-ce que le galoubet ?
Une flûte à bec qui se joue d’une seule main. L’encyclopédie en ligne la décrit longue d’une trentaine de centimètres, taillée dans un bois dur comme le buis, l’olivier ou le palissandre. Elle n’a que trois trous : deux sur le dessus et un en dessous.
Avec si peu de trous, on pourrait croire l’instrument limité. Le musicien obtient en réalité une tessiture d’environ deux octaves en jouant sur les harmoniques et les demi-trous, ce qui permet de jouer chromatique. Le son est aigu et perçant. Il porte loin en plein air.
Le mot est attesté au moins depuis 1723, dans le dictionnaire provençal-français de Sauveur-André Pellas. Avant, on parlait plutôt de flûte à trois trous ou de flûtet.
Comment le tambourinaire joue-t-il des deux instruments à la fois ?
La main gauche tient le galoubet et en bouche les trous. Le tambourin pend à une sangle accrochée au bras gauche. La main droite le frappe avec une baguette. L’encyclopédie insiste sur ce que cela demande : une indépendance des doigts et un contrôle du souffle poussés, puisque les trois doigts d’une main doivent produire toute la mélodie pendant que l’autre bras tient le tempo.
Le tambourin provençal est un tambour au fût allongé. Suspendu au bras, il laisse le musicien libre de marcher en jouant : c’est ce qui en fait l’instrument des cortèges.
| Élément | Main | Rôle |
|---|---|---|
| Galoubet | Gauche | Mélodie |
| Tambourin | Suspendu au bras gauche | Rythme, frappé à la baguette |
| Baguette | Droite | Frappe le tambourin |
D’où vient le galoubet-tambourin ?
Le couple flûte et tambour existe dans plusieurs régions d’Europe. En pays occitans, l’encyclopédie le fait remonter au Moyen Âge et à la Renaissance. Sa forme actuelle s’est fixée après la Révolution, avec un accord qui facilite le jeu chromatique.
L’Académie du tambourin, association consacrée à l’instrument, a publié une histoire en deux volumes intitulée « Le tambourin témoin de son temps ». L’ouvrage suit l’instrument de l’époque classique à nos jours. Il traite des facteurs qui le fabriquent et du répertoire, avec des liens vers l’opéra de Rameau au XVIIIe siècle et vers Frédéric Mistral et le renouveau provençal. Il présente l’instrument comme l’instrument-type de la tradition musicale de Provence.
Aujourd’hui, le galoubet s’apprend aussi en conservatoire. L’encyclopédie le signale dans les groupes folkloriques, dans les cursus des conservatoires et dans des œuvres contemporaines.
Où entend-on les tambourinaires à Arles ?
Dans les fêtes de tradition. Trois rendez-vous les mettent en avant :
- La fête des Gardians, le 1er mai. France Info décrit un défilé de gardians et d’Arlésiennes en costume, une bénédiction des chevaux et une messe en provençal pour saint Georges, patron des gardians. Galoubets et tambourins accompagnent la journée, qui se termine aux arènes par des jeux équestres et une course camarguaise.
- La Pégoulado, le vendredi qui précède la fête du costume. D’après l’office de tourisme du Pays d’Arles, plus d’un millier de participants défilent de nuit à la lumière des pegos (les lampions). Fifres et galoubets mènent la marche. Le cortège finit aux arènes par une grande farandole.
- La fête du costume, le premier dimanche de juillet. Les Arlésiennes y portent leurs plus beaux costumes et un spectacle provençal aux arènes rend hommage à la reine d’Arles.
La farandole est la danse associée à l’instrument. On la danse en file, main dans la main, sur des airs joués par les tambourinaires. Le costume des danseuses est détaillé dans notre article sur le costume d’Arlésienne.
Joue-t-on du galoubet pendant les ferias ?
Les ferias d’Arles ont une autre bande-son. Dans les rues de la Feria de Pâques et de la Feria du Riz, ce sont surtout les bandas et les concerts qu’on entend, dans une fête d’inspiration espagnole. Le galoubet appartient d’abord aux fêtes de tradition provençale, qui ont leur propre calendrier au printemps et en été. Pour la musique des bandas, voyez notre guide bandas et musique.
Les chants de la région sont présentés dans notre article sur la chanson occitane.
Comment apprendre le galoubet-tambourin ?
Par les conservatoires qui l’enseignent et par les associations de tambourinaires. L’Académie du tambourin présente sur son site l’histoire des écoles de l’instrument et sa propre fondation. Comptez sur un apprentissage long : la difficulté tient moins aux trois trous qu’à la coordination des deux mains et au souffle.
Questions fréquentes
Combien de trous a le galoubet ?
Trois : deux sur le dessus et un en dessous. Les notes manquantes s’obtiennent par les harmoniques et les demi-trous.
Le galoubet se joue-t-il de la main droite ?
Non. Dans la pratique décrite par l’encyclopédie, la main gauche tient le galoubet et la main droite frappe le tambourin.