Un matador, ou matador de toros, est le torero qui dirige la corrida et met à mort le taureau. Le mot vient de l’espagnol matar, « tuer » : matador signifie littéralement « tueur ». Tous les matadors sont des toreros, mais tous les toreros ne sont pas matadors. Le titre s’obtient lors d’une cérémonie précise, l’alternative.
Que veut dire matador ?
L’étymologie est simple. Le CNRTL et Wikipédia rattachent le mot au verbe espagnol matar, tuer. En tauromachie, Wikipédia le définit comme le personnage central de la corrida, celui « qui est chargé de mettre à mort le taureau ».
Le titre complet est matador de toros, « tueur de taureaux ». Il distingue le matador confirmé du novillero, qui affronte des bêtes plus jeunes.
Quelle différence entre matador et torero ?
Torero est le terme général. Wikipédia l’applique à toute personne qui torée, à pied ou à cheval. Le matador en est le rang le plus élevé et le seul autorisé à tuer le taureau dans une corrida à pied.
| Terme | Qui est-ce ? | Tue-t-il le taureau ? |
|---|---|---|
| Matador | Chef de la cuadrilla et torero à pied de plus haut rang | Oui |
| Novillero | Torero en formation face à des taureaux de 3 à 4 ans | Oui (des novillos) |
| Banderillero | Membre de la cuadrilla qui pose les banderilles | Non |
| Picador | Cavalier qui pique le taureau au premier tiers | Non |
| Rejoneador | Torero à cheval | Oui (depuis sa monture) |
Les banderilleros et les picadors sont donc des toreros, sans être matadors. Ils travaillent sous ses ordres. Le détail des rôles se trouve dans notre article sur le métier de torero.
Et le toréador, alors ?
Le mot existe, mais il n’est plus employé dans l’arène. Selon Wikipédia, toréador désignait avant le XVIIIe siècle les toreros à cheval. Le français l’a gardé grâce à l’opéra : l’air du Toréador de Carmen, de Bizet, l’a rendu célèbre alors qu’il était sorti de l’usage taurin. En espagnol comme dans la presse taurine française, on dit torero ou matador.
L’histoire du personnage d’Escamillo et de son air fameux est racontée dans notre article le Toréador de Carmen.
Comment devient-on matador ?
Par étapes. Wikipédia décrit le parcours type :
- Les débuts. Le jeune torero affronte de jeunes veaux, les becerros, dans des novilladas sans picadors.
- Novillero. Il combat ensuite des taureaux de trois à quatre ans, les novillos, dans des novilladas avec picadors.
- L’alternative. Lors d’une corrida, sous le parrainage d’un matador et en présence d’un témoin, il obtient le droit de combattre des taureaux de plus de quatre ans.
La cérémonie de l’alternative est codifiée. Selon Wikipédia, le parrain cède au novillero son épée, sa muleta et le premier taureau de l’après-midi. Le nouveau matador torée donc en premier, contrairement à l’ordre habituel fondé sur l’ancienneté.
Une étape supplémentaire attend ceux qui ne l’ont pas prise à Madrid. Ils doivent « confirmer » l’alternative lors de leur première corrida à Las Ventas, avec une cérémonie identique. La même règle existe à Mexico. Pour la novillada, voir notre page novillada : définition.
Des alternatives se donnent aussi en France. Wikipédia illustre son article par celle de Richard Milian à Dax, avec El Cordobés pour témoin. Les dates des prochaines corridas de Dax sont sur la fiche de la Feria de Dax.
Que fait le matador pendant une corrida ?
Il est présent aux trois tiers. Wikipédia résume son rôle :
- au premier tiers, il reçoit le taureau à la cape et le place face aux picadors ;
- au deuxième tiers, ses banderilleros posent les banderilles, sauf s’il le fait lui-même ;
- au troisième tiers, il réalise seul la faena à la muleta, puis l’estocade.
La mise à mort se fait à l’épée. Nous y consacrons un article : l’estocade. Pour le déroulé complet, voir la corrida, définition et déroulement.
Wikipédia rappelle que ce rôle central est récent à l’échelle de l’histoire. Jusqu’à la seconde moitié du XVIIIe siècle, le personnage principal était le picador. Le matador s’impose au XIXe siècle.
Combien y a-t-il de matadors ?
Chaque année, un classement est établi : l’escalafón. Il range les matadors selon le nombre de corridas toréées dans la saison. D’après Wikipédia, il compte généralement entre 250 et 300 noms.
Des femmes toréent depuis le XVIIIe siècle, rappelle l’encyclopédie. Au féminin, on dit torera.
Questions fréquentes
Le matador est-il toujours espagnol ?
Non. Le titre ne dépend pas de la nationalité. Il existe des matadors français, mexicains, colombiens, péruviens ou portugais.
Le matador porte-t-il une épée en permanence ?
Non. Il prend l’épée pour la faena et l’estocade. Aux deux premiers tiers, il torée à la cape.
Le mot matador a-t-il d’autres sens ?
Oui, le nom a été repris par des œuvres et des marques. C’est pour cela que la recherche « matador définition » mélange souvent tauromachie et homonymes. En tauromachie, le sens ne varie pas : celui qui tue le taureau.