Nimeño II est le nom de torero de Christian Montcouquiol, matador français né le 10 mars 1954 à Spire (Allemagne). Il est mort le 25 novembre 1991 à Caveirac, dans le Gard. Il prend l’alternative dans les arènes de Nîmes le 28 mai 1977. Le 10 septembre 1989, à Arles, un toro de Miura le blesse gravement aux cervicales et met fin à sa carrière. Sa statue en bronze se dresse depuis 1994 devant les arènes de Nîmes.
Qui était Christian Montcouquiol ?
Un torero né à Spire, en Allemagne, mais dont toute la carrière revendique Nîmes. L’Académie de Nîmes rappelle que sa famille maternelle venait d’Auvergne, du côté d’Ambert. Son frère aîné, Alain Montcouquiol, a toréé avant lui sous le nom de Nimeño I. D’où le « II » accolé au surnom de Christian : le chiffre ne désigne pas un fils, il désigne le cadet d’une fratrie de toreros.
Le surnom lui-même dit l’attachement à la ville. « Nimeño » signifie « le Nîmois » en espagnol. À une époque où les matadors français restaient rares, le nom annonçait d’où venait ce torero.
Comment s’est déroulée sa carrière ?
Il débute en public le 30 mars 1967 à Tarascon, à treize ans. Sa première novillada avec picadors a lieu le 28 mai 1972 à Lunel. D’après l’Académie de Nîmes, sa première novillada dans les arènes de Nîmes date du 17 mai 1975. Il se présente en Espagne la même année, le 17 août, à Santiesteban del Puerto.
| Étape | Date | Lieu |
|---|---|---|
| Débuts en public | 30 mars 1967 | Tarascon |
| Novillada avec picadors | 28 mai 1972 | Lunel |
| Débuts en Espagne | 17 août 1975 | Santiesteban del Puerto |
| Alternative | 28 mai 1977 | Nîmes |
| Confirmation d’alternative | 21 mai 1979 | Madrid |
| Mano a mano avec Víctor Mendes | 14 mai 1989 | Nîmes |
| Blessure par un Miura | 10 septembre 1989 | Arles |
L’alternative, cérémonie qui fait d’un novillero un matador de toros, se déroule à Nîmes le 28 mai 1977. Son parrain est l’Espagnol Ángel Teruel. Le 21 mai 1979, il confirme ce titre à Madrid dans les arènes de Las Ventas. C’est l’étape obligée pour tout matador qui veut compter en Espagne. Le fonctionnement de cette arène est détaillé dans notre article sur Las Ventas.
Wikipédia retient aussi sa corrida du 3 octobre 1988 à Madrid face à des toros de Victorino Martín, un élevage réputé exigeant.
Pourquoi le 14 mai 1989 compte-t-il à Nîmes ?
Ce jour-là, pendant la Feria de Pentecôte, Nimeño II affronte le Portugais Víctor Mendes en mano a mano, c’est-à-dire à deux toreros seulement pour toute la course. L’Académie de Nîmes parle d’une après-midi entrée dans la légende. La date est restée dans la mémoire des aficionados nîmois, et elle tombe quatre mois avant l’accident d’Arles.
Pour la Feria de Pentecôte d’aujourd’hui, les dates et le programme sont sur la fiche de la Feria de Nîmes.
Que s’est-il passé à Arles en 1989 ?
Le 10 septembre 1989, dans les arènes d’Arles, un toro de Miura nommé Pañolero le projette violemment au sol. Les lésions cervicales le laissent tétraplégique. Il récupère ensuite une partie de sa mobilité, mais son bras gauche reste paralysé. Sa carrière de torero s’arrête là.
L’élevage andalou Miura traîne une réputation de toros difficiles, que nous racontons dans l’article sur la ganadería Miura.
Christian Montcouquiol meurt le 25 novembre 1991 à Caveirac, à 37 ans. L’Académie de Nîmes indique qu’il s’est donné la mort. Son nom figure depuis dans les récits consacrés aux toreros morts ou blessés dans l’arène, même s’il n’est pas mort en piste.
Où voir la statue de Nimeño II ?
Sur l’esplanade devant les arènes de Nîmes, du côté du musée de la Romanité. La statue en bronze mesure 2,10 mètres et pèse 350 kg. Elle est l’œuvre de la sculptrice Serena Carone et a été fondue par la fonderie Landowski. La Ville l’a inaugurée le 15 septembre 1994, pendant la Feria des Vendanges, sous la municipalité de Jean Bousquet.
Le torero y est représenté en habit de lumière, la cape de travail tenue à deux mains. Le pied droit avance légèrement et la tête est baissée. L’Académie de Nîmes y lit l’instant de concentration qui précède la sortie du toro.
La statue a déjà été dégradée, notamment à l’acide, et France Bleu a fait état de plaintes déposées après l’une de ces dégradations. Pour situer l’esplanade, voyez notre article sur les arènes de Nîmes.
Quels autres hommages porte son nom ?
Plusieurs arènes du Sud portent son nom, selon Wikipédia : Caveirac, Caissargues et Eauze. À Mont-de-Marsan, une entrée des arènes du Plumaçon a été baptisée Nimeño II en 1992. Un trophée Nimeño II est aussi décerné chaque année.
Pour situer Nimeño II parmi les matadors français venus après lui, lisez notre article sur Sébastien Castella, torero biterrois de la génération suivante.
Questions fréquentes
Pourquoi s’appelait-il Nimeño II ?
Parce que son frère aîné Alain toréait déjà sous le nom de Nimeño I. « Nimeño » veut dire « le Nîmois » en espagnol.
Quel toro a blessé Nimeño II ?
Pañolero, un toro de l’élevage Miura, le 10 septembre 1989 dans les arènes d’Arles.
Qui a sculpté la statue devant les arènes de Nîmes ?
Serena Carone. La statue a été inaugurée le 15 septembre 1994, pendant la Feria des Vendanges.