La corrida telle qu’on la connaît est née en Espagne au XVIIIe siècle, quand le combat à pied a pris le pas sur les jeux taurins à cheval pratiqués par la noblesse. Le Rondeño Francisco Romero passe pour le premier à avoir tué le taureau à l’épée, après l’avoir travaillé avec une étoffe. Le spectacle arrive en France en août 1853, à Bayonne. Le mot lui-même vient de l’espagnol corrida de toros, « course de taureaux ».
D’où vient le mot corrida ?
Corrida vient du verbe espagnol correr, « courir ». L’expression complète est corrida de toros, littéralement « course de taureaux », rappelle l’encyclopédie en ligne.
En France, le mot corrida désigne la forme espagnole avec mise à mort. La course landaise et la course camarguaise gardent le mot « course » et n’ont pas de mise à mort. Pour les différences, voyez notre article sur les formes de tauromachie en France.
La corrida vient-elle de l’Antiquité ?
Pas directement. Le culte du taureau a bien existé dans les civilisations méditerranéennes, mais l’encyclopédie en ligne souligne que les historiens rejettent en général une filiation directe avec les jeux romains. Les arènes romaines de Nîmes et d’Arles accueillent des corridas aujourd’hui, mais c’est une réutilisation moderne, pas une continuité.
La première fête taurine documentée en Espagne remonte à 815, sous le règne d’Alphonse II des Asturies. Les détails restent rares jusqu’au XIIIe siècle.
Comment la corrida à cheval des nobles a-t-elle précédé le toreo à pied ?
Pendant tout le Moyen Âge, le taureau est une affaire de cavaliers. Dès le XIIe siècle, les nobles affrontent le taureau à cheval et à la lance lors des fêtes royales. Aux XVIe et XVIIe siècles, cette tauromachie équestre se codifie dans l’aristocratie.
L’Église tente d’y mettre fin. En 1567, le pape Pie V interdit les courses de taureaux par la bulle De salute gregis dominici. Philippe II refuse de l’appliquer. Grégoire XIII assouplit l’interdiction en 1575 et Clément VIII lève l’excommunication en 1596.
Le vrai tournant est politique. Sous Philippe V, au début du XVIIIe siècle, la noblesse s’en détourne. L’encyclopédie en espagnol rapporte que le roi interdit les courses à Madrid et impose un autre style d’équitation, ce qui désorganise la tauromachie à cheval des nobles. Ce qui reste à cheval aujourd’hui, c’est le rejón : notre article sur la corrida à cheval en raconte la suite.
Quand est née la corrida à pied ?
À la fin du XVIIe siècle, à Séville, des employés des abattoirs affrontent déjà le taureau à pied. Au XVIIIe siècle, ce toreo à pied devient peu à peu un spectacle autonome, selon l’encyclopédie en ligne.
Les grands noms de cette période :
| Torero | Apport retenu par les sources |
|---|---|
| Francisco Romero (Ronda) | Tue le taureau à l’épée après l’avoir fatigué avec un leurre en tissu |
| Juan Romero | Organise les premières cuadrillas, avec des contrats |
| Pedro Romero | Poursuit l’œuvre de la famille à Ronda |
| Joaquín Rodríguez « Costillares » | Perfectionne la véronique et invente l’estocade en volapié |
| José Delgado « Pepe-Hillo » | Améliore le volapié et publie une Tauromaquia |
| Francisco Montes « Paquiro » | Fixe vers 1836 la structure en trois tiers |
Les arènes en dur apparaissent au même moment. Celle de la porte d’Alcalá, à Madrid, ouvre le 30 mai 1754. Celle de Ronda est construite en 1785. Pour d’autres arènes historiques, lisez nos articles sur les arènes de Ronda et la Maestranza de Séville.
La corrida n’a pas toujours été tolérée par le pouvoir royal. Le 10 février 1805, une pragmatique de Charles IV l’interdit dans tout le royaume.
Quand la corrida est-elle arrivée en France ?
La première corrida à l’espagnole en France a lieu à Bayonne, en août 1853, selon le géographe Jean-Baptiste Maudet. L’encyclopédie en ligne relie cette arrivée à l’impératrice Eugénie, née en Espagne.
Le spectacle gagne ensuite d’autres villes, qui deviennent les grandes places françaises : Nîmes et Arles, Béziers, Dax et Mont-de-Marsan. Les courses locales existaient déjà : la course landaise dans les Landes et le Gers, la course camarguaise en Provence et dans le Gard. Elles ont continué à côté de la corrida. Notre article sur la corrida en France fait le point sur les villes concernées.
Comment sont nées les ferias ?
La feria moderne est une idée du XXe siècle : regrouper plusieurs jours de taureaux autour d’une fête de rue. Maudet voit dans ce regroupement la clé du succès actuel de la corrida en France.
Les Fêtes de Bayonne naissent en 1932, inspirées par la San Fermín de Pampelune. La Feria de Nîmes suit en 1952, fondée par cinq clubs taurins réunis au bar le Napoléon. Pour comprendre ce modèle, lisez notre guide c’est quoi une feria et les fiches des Fêtes de Bayonne et de la Feria de Nîmes.
Le cadre juridique suit. Au début des années 1950, la loi Grammont de protection des animaux est modifiée : la corrida reste autorisée là où une tradition locale ininterrompue peut être invoquée.
Questions fréquentes
Qui a inventé la corrida ?
Personne seul. Les sources désignent Francisco Romero, de Ronda, comme le premier à avoir tué le taureau à pied avec l’épée. Les règles actuelles se fixent au XIXe siècle avec Paquiro.
Quelle est la première corrida en France ?
Celle de Bayonne, en août 1853.
Pourquoi appelle-t-on la corrida ainsi ?
Parce qu’elle vient de corrida de toros, « course de taureaux », du verbe correr.