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Tauromachie

Taureaux de combat célèbres : Islero, Avispado et les autres

Publié le 29 septembre 2026

Les taureaux de combat célèbres le sont pour deux raisons opposées. Certains sont entrés dans l’histoire parce qu’ils ont tué un grand torero : Barbudo en 1801, Bailaor en 1920, Islero en 1947, Avispado en 1984. D’autres parce qu’ils ont été graciés (indultados) et renvoyés à l’élevage comme reproducteurs, comme Ingrato aux arènes de Nîmes en 2012 ou Cobradiezmos à Séville en 2016. Dans les deux cas, le public a retenu leur nom, ce qui est rare pour un animal qui n’entre qu’une fois en piste.

Pourquoi connaît-on le nom des taureaux ?

Chaque toro de combat porte un nom donné par son élevage et un numéro. Les fiches de presse reprennent ces deux données avec le poids, comme on le verra plus bas pour Ingrato et Cobradiezmos.

La plupart de ces noms sont oubliés le soir même. Ceux qui restent sont liés à un drame ou à un triomphe. Le vocabulaire des élevages est expliqué dans notre article sur la ganadería.

Quels taureaux ont tué des toreros célèbres ?

Voici les noms les plus cités, d’après la liste publiée par le site Toros Las Ventas et les notices biographiques des matadors :

TaureauToreroDate et lieu
BarbudoPepe-Hillo1801
BailaorJoselito16 mai 1920 à Talavera de la Reina
GranadinoIgnacio Sánchez Mejías11 août 1934 à Manzanares
Islero (Miura)Manolete28 août 1947 à Linares
Avispado (Sayalero y Bandrés)Paquirri26 septembre 1984 à Pozoblanco
BurleroYiyo30 août 1985 à Colmenar Viejo
Lorenzo (Los Maños)Víctor Barrio9 juillet 2016 à Teruel
Provechito (Baltasar Ibán)Iván Fandiño17 juin 2017 à Aire-sur-l’Adour

Les circonstances de chaque mort sont racontées dans notre article sur les toreros morts dans l’arène. Ici, on s’intéresse aux taureaux.

Que sait-on de Barbudo, Bailaor et Islero ?

Barbudo est le plus ancien de la liste. Toros Las Ventas le décrit comme un taureau noir de très grande taille. En 1801, il atteint Pepe-Hillo au ventre et le matador meurt en une vingtaine de minutes. Goya a représenté la scène. Pepe-Hillo était aussi l’auteur d’un traité de tauromachie, ce qui donne à sa mort une place à part dans l’histoire du toreo.

Bailaor tue Joselito en 1920. La même source le présente comme un taureau léger (environ 250 kilos selon ses chiffres) qui voyait mal de près. C’est ce détail de vue qui revient dans les récits de l’accident.

Islero, lui, est un Miura. La source indique un poids proche de 500 kilos. C’était le cinquième taureau d’une corrida où toréaient aussi Luis Miguel Dominguín et Rafael Vega de los Reyes. Il blesse Manolete à l’artère fémorale au moment de l’estocade. Son nom est resté attaché à la réputation de l’élevage Miura, racontée dans notre article sur la ganadería Miura.

Qu’est devenu Avispado ?

Avispado est l’un des rares taureaux dont on peut encore voir une trace. Sa tête naturalisée est conservée à Gelves, près de Séville, selon Toros Las Ventas. Le 26 septembre 1984, à Pozoblanco, il a sectionné l’artère fémorale de Paquirri. La scène a été filmée, ce qui a gardé l’accident dans toutes les mémoires.

Quels taureaux ont été graciés ?

L’indulto est la grâce accordée à un taureau jugé exceptionnel de bravoure. Selon l’encyclopédie en ligne en espagnol, le règlement taurin espagnol de 1996 pose trois conditions : une demande massive du public, la demande du matador et l’accord de l’éleveur. Le président de la corrida sort alors un mouchoir orange. Le taureau quitte la piste vivant, il est soigné et devient étalon à l’élevage. Notre article sur l’indulto détaille la procédure.

Trois grâces sont restées dans les mémoires :

  • Murciélago. En 1879, à Cordoue, ce taureau survit au combat. Il devient un étalon réputé. Plus d’un siècle après, Lamborghini lui emprunte son nom pour la Murciélago : la marque a pour tradition de nommer ses voitures d’après des taureaux de combat.
  • Ingrato. Le 16 septembre 2012, aux arènes de Nîmes, ce taureau de l’élevage Parladé est gracié par José Tomás. Il portait le numéro 31 et pesait 510 kilos, d’après l’Union des éleveurs de toros de combat. Il était sorti en quatrième position. José Tomás coupe ce jour-là onze oreilles et une queue.
  • Cobradiezmos. Le 13 avril 2016, à la Maestranza de Séville, ce toro de Victorino Martín est gracié par Manuel Escribano. Numéro 37, 562 kilos. Devenu étalon, il meurt en octobre 2024 dans son élevage, après un combat avec un autre taureau.

L’indulto ne fait pas l’unanimité. L’encyclopédie cite l’éleveur Victorino Martín, qui critique une « indultitis » : des grâces trop fréquentes, qui récompenseraient la prestation du torero plus que la bravoure du taureau.

Et les taureaux célèbres de Camargue ?

En course camarguaise, le taureau n’est pas mis à mort. Il revient en piste pendant des années et peut devenir une vedette, avec son nom en haut de l’affiche. Vovo, par exemple, a sa statue devant les arènes des Saintes-Maries-de-la-Mer. C’est une autre culture du taureau célèbre, que nous racontons dans les cocardiers, taureaux stars de Camargue.

Questions fréquentes

Quel taureau a tué Manolete ?

Islero, de l’élevage Miura, le 28 août 1947 à Linares.

Un taureau gracié peut-il revenir en piste ?

Non. Il repart à l’élevage comme reproducteur. C’est tout le sens de l’indulto.

Y a-t-il eu un indulto à Nîmes ?

Oui : Ingrato (élevage Parladé) a été gracié par José Tomás le 16 septembre 2012, pendant la Feria des Vendanges.

Sources

  • toroslasventas.com
  • ganaderosdebravo.es
  • victorinomartin.com
  • es.wikipedia.org
  • en.wikipedia.org