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Tauromachie

Juan Belmonte : le torero qui a changé la corrida

Publié le 29 septembre 2026

Juan Belmonte est un matador sévillan né le 14 avril 1892 et mort le 8 avril 1962 à Utrera. Il est considéré comme le fondateur du toreo moderne : au lieu d’esquiver la charge, il restait immobile et laissait passer le taureau tout près de son corps. Sa rivalité avec Joselito, de 1914 à 1920, correspond à ce que l’on appelle l’âge d’or de la tauromachie.

Qui était Juan Belmonte ?

Un enfant de Triana, le quartier de Séville sur la rive droite du Guadalquivir. Son surnom vient de là : on l’appelait « el Pasmo de Triana », que l’on peut traduire par la stupeur ou la merveille de Triana.

Ses débuts sont modestes. L’encyclopédie en espagnol situe sa première apparition comme apprenti le 20 mai 1909 à Elvas, au Portugal. Il se présente comme novillero avec picadors à Séville le 21 juillet 1912. Madrid le découvre le 26 mars 1913 et lui donne l’alternative sept mois plus tard.

Quelles sont les dates clés de sa carrière ?

DateÉvénement
14 avril 1892Naissance à Séville
20 mai 1909Première apparition comme apprenti à Elvas (Portugal)
21 juillet 1912Novillada avec picadors à Séville
16 octobre 1913Alternative à Madrid (parrain Machaquito ; témoin Rafael el Gallo)
1914 à 1920Rivalité avec Joselito
1919109 corridas dans la saison ; premier de l’escalafón
5 janvier 1925Couverture du magazine américain Time
1936Retraite définitive
8 avril 1962Mort à Utrera

L’alternative est la cérémonie qui fait d’un novillero un matador. Notre article sur le matador explique ces étapes.

Belmonte a annoncé sa retraite plusieurs fois. L’encyclopédie espagnole mentionne des adieux avortés en 1922 et en 1934, avant l’arrêt définitif de 1936.

Qu’est-ce que Belmonte a changé dans la corrida ?

La position du torero. Avant lui, l’usage voulait que l’homme se déplace pour éviter la charge. Belmonte restait les pieds plantés, recevait le taureau sans bouger et enchaînait les passes. À l’époque, cette façon de faire paraissait trop dangereuse pour durer.

On lui attribue une formule en trois verbes : parar, templar, mandar. Parar, c’est rester immobile. Templar, c’est régler la vitesse du leurre sur celle du taureau. Mandar, c’est diriger la charge au lieu de la subir. Ce vocabulaire est resté celui de l’aficion. D’autres toreros ont proposé d’y ajouter cargar la suerte.

Il a aussi laissé des gestes précis. L’encyclopédie en français cite le molinete belmontino, une passe où le torero tourne sur lui-même. Elle lui attribue aussi un travail affiné de la naturelle, la passe de la main gauche. Pour situer ces passes, lisez notre article sur la muleta et celui sur la faena.

Comment s’est jouée la rivalité avec Joselito ?

Joselito, de son vrai nom José Gómez Ortega, était son contemporain et son grand concurrent.

Leur concurrence a coupé l’aficion espagnole en deux camps de 1914 à 1920. L’encyclopédie en anglais précise qu’elle ne les a pas empêchés de devenir amis. Les deux hommes figurent parmi les toreros les plus célèbres de l’histoire.

Cette période s’arrête net le 16 mai 1920. Ce jour-là, à Talavera de la Reina, Joselito est tué par le taureau Bailador. Il avait 25 ans. Le portrait de son rival est prévu dans notre article sur Joselito, et le drame de Talavera figure dans la liste des toreros morts dans l’arène.

Pourquoi Belmonte est-il connu en dehors du monde taurin ?

Parce que les écrivains se sont emparés de lui. Le journaliste Manuel Chaves Nogales publie sa biographie en 1935, d’abord en feuilleton dans le magazine Estampa. Le livre s’intitule « Juan Belmonte, matador de toros ».

L’encyclopédie espagnole cite Ernest Hemingway et le poète Gerardo Diego parmi les auteurs qu’il a inspirés. Le lien de Hemingway avec l’Espagne taurine est raconté dans notre article sur Le soleil se lève aussi.

Comment Juan Belmonte est-il mort ?

Il s’est donné la mort d’un coup de feu le 8 avril 1962, à Utrera. Il avait 69 ans. L’encyclopédie en espagnol rapporte cette fin sans autre détail vérifiable sur ses motifs, et nous nous en tenons là.

Questions fréquentes

Belmonte a-t-il toréé en France ?

Les sources consultées ne donnent pas de liste de ses corridas françaises. Nous ne citons donc aucune date.

Que veut dire « Pasmo de Triana » ?

Pasmo désigne en espagnol la stupeur, l’ébahissement. Le surnom rappelle l’effet que produisait son toreo immobile sur le public sévillan.

Combien de corridas a-t-il toréées en 1919 ?

Cent neuf, un chiffre record pour l’époque selon l’encyclopédie en espagnol.

Où voir des corridas aujourd’hui en France ?

Les dates des ferias taurines françaises sont réunies dans notre calendrier.

Sources

  • fr.wikipedia.org
  • es.wikipedia.org
  • en.wikipedia.org