Le taureau de Camargue appartient à une race bovine locale, la raço di biòu, reconnaissable à sa robe noire luisante et à ses cornes en forme de lyre. Plus petit que le toro de combat espagnol, il est élevé en semi-liberté dans les marais du delta du Rhône. On le voit surtout dans la course camarguaise, où il n’est jamais mis à mort. Sa viande bénéficie d’une AOP, partagée avec les taureaux de race brave élevés sur le même territoire.
À quoi ressemble un taureau de race Camargue ?
La page Wikipédia consacrée à la race décrit un animal compact. Les mâles mesurent en moyenne 1,40 m au garrot et pèsent de 250 à 400 kg. Les femelles, plus petites, tournent autour de 1,20 m. La fiche du ministère de l’Agriculture consacrée à l’AOP donne une taille moyenne de 125 cm pour la raço di biòu, contre 137 cm pour la race brave.
La robe est noire. Les cornes, relevées vers le haut en forme de lyre, sont le signe le plus visible de la race. Elles comptent beaucoup dans la course camarguaise, puisque c’est entre elles que sont fixés les attributs que les raseteurs doivent enlever.
Selon la même encyclopédie, c’est la seule race bovine européenne capable de vivre sur des pâturages d’eau saumâtre. Les sansouïres et les prés salés de Camargue, pauvres en herbe, lui conviennent.
D’où vient la race Camargue ?
Son origine exacte reste discutée. Wikipédia évoque une présence depuis l’époque gallo-romaine et plusieurs hypothèses d’ascendance, asiatique ou africaine. La fiche AOP du ministère de l’Agriculture date de 1551 la première mention écrite de la race. Elle signale aussi qu’une course camarguaise est documentée à Arles dès 1402.
Les effectifs sont connus avec plus de précision. Wikipédia comptait environ 10 000 à 12 000 animaux en 2015, répartis dans une centaine de manades. En 2004, le Parc naturel régional de Camargue avançait le chiffre de 15 000 taureaux de race Camargue sur son territoire.
Quelle différence entre taureau de Camargue et toro de combat ?
La Camargue élève deux races de taureaux, qu’il ne faut pas confondre. Le Parc naturel régional recensait en 2004 environ 6 000 taureaux de combat à côté des taureaux de race Camargue.
| Critère | Raço di biòu (Camargue) | Brave (combat) |
|---|---|---|
| Origine | race locale | origine espagnole |
| Taille moyenne | 125 cm | 137 cm |
| Robe | noire | noire |
| Usage en arène | course camarguaise | corrida et novillada |
| Mise à mort en piste | non | oui en corrida |
Le taureau de race Camargue est un animal de jeu. Les mâles castrés deviennent des cocardiers : ils sont lâchés dans l’arène pour la course camarguaise, où les raseteurs tentent d’arracher les attributs fixés sur leurs cornes. Notre article sur les cocardiers, taureaux vedettes raconte leur carrière.
Le taureau brave est sélectionné pour la corrida. En Camargue, il est élevé par des manades spécialisées qui fournissent les arènes de corrida. Pour aller plus loin, notre article sur le toro bravo espagnol décrit cette race.
Qu’est-ce que l’AOP Taureau de Camargue ?
L’appellation d’origine couvre la viande. Selon la fiche du ministère de l’Agriculture, elle a été reconnue en AOC en 1996, puis en AOP au niveau européen en 2008.
Les conditions principales du cahier des charges sont les suivantes :
- seules deux races sont admises : la raço di biòu et la race brave, ainsi que leurs croisements ;
- les animaux naissent, sont élevés et abattus dans l’aire de l’appellation ;
- l’élevage est extensif, avec moins d’une unité de gros bétail pour 1,5 hectare ;
- les bêtes vivent en plein air toute l’année ;
- elles pâturent au moins six mois par an, d’avril à novembre, en zone humide et sans complément alimentaire.
L’aire géographique couvre environ 500 000 hectares sur trois départements : Bouches-du-Rhône, Gard et Hérault. Elle s’étend du delta du Rhône vers Montpellier, Tarascon et Fos-sur-Mer. La viande est décrite comme maigre, d’un rouge plus soutenu que celui des autres bovins. Côté cuisine, voir nos articles sur la viande de taureau AOP et sur la gardianne de taureau.
Où voir des taureaux de Camargue ?
Dans les prés, d’abord. Les manades de Camargue se visitent : on y voit le tri du bétail à cheval et, au printemps, le marquage des jeunes. Notre article sur la visite d’une manade en Camargue explique comment faire.
En arène, ensuite. La course camarguaise se joue dans les arènes de la région, notamment pendant les ferias. En 2026, la Feria du Riz d’Arles a ouvert ses arènes le vendredi avec une course camarguaise. La Feria d’Istres, en juin, en programme aussi.
Dans la rue, enfin. Pendant les fêtes, les abrivados et les bandidos font courir les taureaux dans les rues, encadrés par les gardians à cheval. Notre article sur l’abrivado décrit ce jeu.
Questions fréquentes
Le taureau de Camargue est-il tué dans la course camarguaise ?
Non. La course camarguaise ne comporte pas de mise à mort : le cocardier repart vivant de l’arène.
Pourquoi parle-t-on de « biòu » ?
Biòu est le mot provençal pour le bœuf ou le taureau. Raço di biòu signifie littéralement « race de taureau ». Le terme désigne la race locale, par opposition à la race brave venue d’Espagne.